Critiques : A la ligne, J. Ponthus – Club de lecture – Classe préparatoire ECS1A – Lycée Ampère, Lyon

Ceci est une publication. Par l'équipe des médiations

Projet : Graines de critiques littéraires / AIR Lycées


Biographie

Ponthus Joseph © Philippe Matsas, Opale, Editions La Table Ronde

Joseph Ponthus est un écrivain français né en 1978 à Reims. Après être passé par une classe préparatoire littéraire (hypokhâgne et khâgne), il a travaillé à Nanterre en tant qu’éducateur spécialisé auprès de jeunes en difficulté ; c’est avec quatre d’entre eux qu’il a cosigné l’ouvrage Nous, La cité en 2012, aux éditions La Découverte, qui rassemble des témoignages de ces derniers au travers d’ateliers d’écriture. A la suite de son mariage, en 2015, Joseph Ponthus déménage en Bretagne pour y suivre son épouse et s’inscrit dans une agence d’intérim, ne trouvant pas d’emploi dans le secteur social. Il va alors enchaîner des postes d’ouvrier dans des usines agroalimentaires, tout d’abord dans une conserverie de poissons puis dans un abattoir. C’est cette vie monotone, ce provisoire s’inscrivant finalement dans la durée, qu’il expose dans son livre A la ligne, publié en 2019 aux Éditions de la Table Ronde et déjà plusieurs fois récompensé, notamment par le grand prix RTL-Lire décerné en mars 2019.

Critique

A la ligne nous immerge dans un monde bien peu connu du grand public, celui de l’usine agroalimentaire. D’abord dans une poissonnerie industrielle puis dans un abattoir, l’auteur nous plonge dans son quotidien d’ouvrier intérimaire à travers un texte original et poétique.

Le club de lecture de la classe préparatoire ECS1A, au Lycée Ampère de Lyon. Les élèves ont adoré le roman de Joseph Ponthus.

Le style d’écriture atypique, sans ponctuation, illustre parfaitement le travail à la chaîne tout en rendant la lecture captivante. L’absence de points comme un long récit infernal, le ton monotone, les enchaînements de phrases courtes, parfois même répétitives, posées “à la ligne” reflètent le pénible travail vécu par l’auteur : un travail morne, cyclique, au rythme invariable, dont les tâches banales et récurrentes se suivent machinalement.

Ce roman allie un témoignage accablant et objectif sur la condition ouvrière avec des références artistiques ou littéraires qui rythment la lecture. Ponthus décrit son labeur harassant et abrutissant que seule la littérature l’aide à supporter : imposant un rythme différent de celui des machines, elle permet des échappatoires et créée des espaces de liberté. Ce décalage, parfois sarcastique, entre le monde de l’usine et celui de la culture rend le récit touchant.

Au fil des réflexions de l’auteur, le lecteur constate à quel point l’ouvrier se déshumanise, finissant par ne faire qu’un avec l’usine. On ne peut que s’attacher à cet homme qui part en Bretagne et accepte ce quotidien par amour pour sa femme.

Remarquable de bon sens et de clairvoyance, Joseph Ponthus nous dépeint à travers son expérience à l’usine un milieu de travail très particulier, un monde à part entière, à la fois humain et aliénant, dont il parvient à tirer parti, notamment grâce à l’écriture. 

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