Critique : La Femme pressée, I. Monso – Terminale Littéraire – Cité Scolaire internationale, Lyon

Ceci est une publication. Par l'équipe des médiations

Projet : Graines de critiques littéraires / AIR Lycées


Biographie

Monso Imma © LM. Palomares

Imma Monsó est une romancière et auteure de nouvelle catalane née à Lleida en 1959. Cette écrivaine a un lien fort avec la culture française : elle a étudié la langue, littérature et civilisation française ainsi que la linguistique à Strasbourg et à Caen. La Femme pressée, paru en 2013, est son premier roman traduit en français et depuis son succès, d’autres de ses oeuvres ont été publiées en France. Elle rédige également des articles, des essais, et des livres pour enfants. Imma Monsó arrive à maintenir une vie professionnelle stable, partageant son temps entre l’écriture et le métier de professeure de lycée. Elle incorpore le thème de l’absurde à ses romans pour accompagner l’aspect souvent humoristique de ses histoires et de ses personnages farfelus. Au cours de sa carrière, son écriture a été gratifiée de nombreux prix de littérature en langue catalane dont le prestigieux prix Ramón Llull pour La Femme pressée en 2012, puis les prix Salambó, Terenci Moix, et Maria Àngels Anglada pour Un homme de parole.  

Critique

Selon Agnès Bach, le monde est divisé en deux types de personnes : les Rapides et les Lents. Sa mère et son frère sont des Lents. Son père, sa sœur et elle-même des Rapides. Dans leur vision de la vie, les Lents finissent toujours par être anéantis. Qu’arrive-t-il aux Rapides ? Ils courent après le temps, au risque de laisser filer leur vie. Agnès, dit Nes, est un personnage dont les habitudes ridicules sont à la fois amusantes et attachantes. Sa vie ? Un paradoxe. Une psychiatre, dont l’obsession avec le temps frôle la pathologie mentale. Une Rapide, pour qui chaque instant doit être rentabilisé et consacré à une activité utile et qui, pourtant, développera une addiction à Pacman, jeu vidéo dénué de sens par excellence. Son existence s’apparente d’ailleurs une constante partie de Pacman : quand elle ne court pas après le temps, le temps la rattrape. 

La Femme pressée © Éditions Robert Laffont

Imma Monso, dans son roman, fait appel à plusieurs ressorts stylistiques afin de donner du goût et de la personnalité à son roman. Elle utilise notamment une alternance entre narration à la première personne et narration omnisciente à la troisième personne, permettant de découvrir l’héroïne depuis divers points de vue et donnant ainsi à voir son aspect bizarroïde. À la fin du roman, les révélations de U, vieil ami de la famille, qui lui expliquera la réalité des faits, bien éloignée du point de vue tordu et délirant d’Agnès, surprendront le lecteur autant que la protagoniste. Un autre paradoxe du roman : un rythme de récit assez lent, alors qu’il raconte l’histoire d’un personnage rapide comme Agnès. Monso nous rend Nes sympathique et dépeint cette “femme pressée” avec humour et tendresse, mais aussi une certaine ironie en montrant constamment qu’à trop essayer de gagner du temps, Agnès n’a pas eu l’opportunité dans sa vie d’accomplir des rêves pourtant tout simples, comme avoir des enfants.

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