Critique : Croire aux fauves, N. Martin – 2nde 2 – Lycée du Bugey, Belley

Ceci est une publication. Par l'équipe des médiations

Projet : Graines de critiques littéraires / AIR Lycées


Biographie

Martin Nastassja © Ph. Bretelle

Nastassja Martin est née en 1986 en France. Anthropologue diplômée de l’EHESS et spécialiste des populations arctiques, elle a publié un premier essai intitulé Les âmes sauvages, à partir de sa thèse d’anthropologie sur la résistance d’un peuple d’Alaska. Puis en octobre 2019, elle fait paraître un récit autobiographique intitulé Croire aux fauves, basé sur des carnets de notes qu’elle tient pour son travail, somme de remarques et réflexions sur les peuples qu’elle rencontre, leurs coutumes et les liens qu’elle noue avec eux. L’œuvre, déjà plébiscitée par les lecteurs, a été distinguée par des Prix littéraires.

Critique : Une course vers l’humanité?

Témoignage de Nastassja Martin sur le moment où sa vie a basculé, Croire aux fauves s’ouvre sur les instants qui ont suivi sa rencontre fracassante avec un ours qui l’a attaquée, en août 2015, dans la région du Kamtchatka. Sauvée in extremis, mais gravement mordue au visage, elle subira une longue reconstruction physique: « Ma mâchoire est devenue le théâtre d’une guerre froide hospitalière franco-russe» (p. 64).

Un roman qui a fait réfléchir les élèves de 2nde2 du lycée du Bugey (Belley, Ain), aux frontières poreuses entre l’homme et l’animal.

Mais la reconstruction sera aussi psychique: Nastassja comprend que les frontières sont infimes entre l’animal et l’homme : la mâchoire de cet ours a emporté une partie de son visage, mais elle-même a gardé en elle quelque chose de ce fauve. Désormais surnommée « miedka » (mi-femme, mi-ourse) par le peuple évène, elle retourne au Kamchatka afin de comprendre ce moment qui hante encore ses rêves: car l’ours fait partie de sa destinée depuis longtemps et la rencontre était inévitable.

Nous avons aimé lire ce très beau récit, qui donne envie de réaliser ses rêves car « Si grandir c’est voir mourir ses rêves, alors grandir devient mourir». L’écriture inspirante de l’autrice nous fait aller vers l’autre, par la découverte du peuple évène aux croyances animistes, mais nous fait aussi réfléchir à ce que nous sommes et à ce que sont nos propres frontières identitaires. Ce récit de vie captivant se lit comme un roman d’aventures (même avec son vocabulaire parfois ardu) et vous serez embarqués très vite dans l’histoire comme nous l’avons été, car il touche à l’intime et à l’universel. Ouvrez vos esprits, accédez à la vision très personnelle, parfois complexe et perturbante, de Nastassja Martin, qui, elle, croit résolument aux fauves ! Et vous ?

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