A la façon de Camille Ammoun : Du vent

Projet : Graines de critiques littéraires / AIR Lycées


par Manon,

étudiante en CPGE au Lycée du Parc

 

Nuage de pollution, béton, grues

Se hérissent

La ville

Marche à contre courant

Jusqu’au dernier souffle

Toujours plus

Elle halète, suffoque

Nous impose sa respiration aliénante

Ces lieux ne sont pas les nôtres

Plus nôtres

Étrangers au nous premier

Devenus autres

Histoire en apnée

Le passé n’est plus qu’un soupir

Urgence

Dans nos essoufflements

Nos cris, nos yeux, nos corps

Haletants mais endurants Prêts à endurer

Au bord du gouffre

À bout de souffle

Prendre la rue

Notre rue

Aspirations profondes Inspirations fécondes

D’abord brise, murmure, caresse

Le vent se lève

Enflamme et détruit

Se propage et insuffle Un souffle nouveau

Que la bourrasque de la révolte

Que l’ouragan de la Révolution

Inspirent une nouvelle respiration

Bouffée d’air nouveau

Aspiration au changement

Radicalement déferlant

Magnifiquement haletant

Souffle multiple

Puissant, vitalisant

Envahit tout, nous enveloppe dans la lutte

Comme la foule enflamme la ville

À nouveau

Enfin

Ne plus attendre

On n’en peut plus d’attendre

On ne peut plus attendre

Prendre place, traverser, marcher

S’ancrer dans les pavés

Ils n’écoutent pas nos larmes

Prenons les armes

Prenons la rue

Prenons les mots

Reprenons notre souffle

Réapproprions-nous

Tout

Notre force, c’est d’être moches, populaires, et vulgaires

Vulgaire c’est qui vient du peuple

Vulgaire ça dérange, ça gêne

Vulgaire ça fait peur

Vulgaires

Ça fait du bien à la colère

Scandons, toujours

Luttons, tous les jours

Dans la rue, on séjourne

La Révolution court déjà

Fend le vent Déjà le peuple se déploie En vain ?

La Révolution s’installe

Mue, sabote

S’essouffle mais respire La Révolution durera

Révolutionnons

Les espaces

Occupons, chassons, abattons

Le souffle oppresseur

Instaurons

Le souffle de la fête

Luttons, ensanglanté.e.s

Cœurs battants

Rage au ventre

Le gouvernement s’étouffera Le peuple soufflera Enfin !

Se reposer, apaisé.e.s

La Révolution

N’a pas brûlé

C’est le système qu’elle brûle de son souffle émancipateur

Elle ne s’éteindra jamais

C’est un tumulte organisé

Une anarchie prometteuse

Un effondrement reconstructeur

Frissons, espoirs, soupirs

Appartements éventrés

Corps meurtris

La machine policière répond

Demain fait peur

Que meure le Capital

Que vivent les lendemains

Demain fait peur

Émancipateur, initiateur, compositeur

Découvrons sa saveur

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