Une définition de la xénophobie

Ceci est une ressource. Par TES 1 / Lycée Rosa Parks / Neuville sur saône

Projet : Le bureau des idées / Mode d'emploi lycées


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Définition xénophobie (selon Passions Sociales) → grec « xéno » (ce qui vient de l’extérieur) et « phobie » (peur) : ensemble d’attitudes, d’émotions et de comportements négatifs à l’égard des étrangers.
À ne pas confondre avec le racisme basé sur une distinction physique comme par exemple la couleur de peau et souvent source d’une différence hiérarchique (« races supérieures » ou « inférieures ») .

La xénophobie, une passion sociale : liée à des émotions telles que la peur, l’angoisse, la colère ou encore la haine, causées par une mauvaise interprétation de la réalité.
Les différences du groupe de base (ou ingroup) sont minimisées au contraire des différences du groupe extérieur (l’outgroup), étranger qui, elles, sont exagérées.

Les études sur la xénophobie d’État montrent que le phénomène puise ses racines dans l’histoire du fait colonial et de la relation à l’indigène, qu’il se rattache aux effets politiques de la décolonisation sur les métropoles, notamment la genèse des politiques anti-migratoires.

La xénophobie peut être notamment une réaction à l’augmentation de la compétition pour des ressources rares, par exemple l’arrivée de nouveaux venus sur un marché du travail instable.
L’exclusion sociale génère une volonté de se réintégrer à l’ingroup en renforçant l’hostilité vis-à-vis de l’outgroup. Le but est de montrer aux autres et à soi-même que l’on agit fidèlement au groupe pour y regagner sa place en s’opposant aux étrangers.
Sur les périodes de crises économiques et de guerres, on observe une montée de la xénophobie. Le terrorisme est aussi une cause à cette montée des mouvements racistes et xénophobes.

La figure de l’étranger se précise dans le contexte de la consolidation de l’État-nation (territoires et frontières définis), à la fin du XIXe siècle. L’étranger est celui qui possède une autre nationalité, qui appartient à un autre groupe linguistique, religieux, culturel et/ou géographique. Cette différence fait de lui une menace. L’immigration a considérablement nourri les attitudes et comportements xénophobes.

La xénophobie est source de réactions qui mettent en avant la nécessité de se protéger contre l’immigration, l’« invasion », les influences étrangères. S’appuyant sur des slogans tels que « La France aux Français ! » ou « Dehors les étrangers ! », la xénophobie révèle une attitude défensive et exclusive à l’égard de ce qui est soupçonné corrompre l’identité du pays, son essence, ses traditions.
Dans Passions Sociales, on voit que le taux de xénophobie peut dépendre de la présence plus ou moins importante des valeurs d’ouverture. Par exemple, dans un pays accueillant peu d’étrangers et où ces valeurs d’ouverture sont peu présentes, on observe un fort taux de xénophobie, contrairement à un pays avec une présence importante de ces valeurs d’ouverture (dans les démocraties libérales notamment) qui, même s’il accueille un nombre beaucoup plus important de migrants, présentera un taux de xénophobie plus faible.

Cependant, la notion d’« étranger » se distingue progressivement de celle de la nationalité : un citoyen français peut être perçu comme étranger.

Origine de la ressource :

Passions sociales, ss dir. Gloria Origgi, PUF, avril 2019
http://www.unesco.org
www.mediapart.fr
www.reseau-canope.fr

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