Écrit en rapport avec Mode d'emploi 2014, ARTICLE, Débats citoyens

La créativité au cœur de la nouvelle création de richesse

La valeur ajoutée est un concept associé aux sciences économiques plutôt qu’aux sciences sociales. Mais selon Michel Lussault, professeur de géographie invité à la table-ronde sur la ville créative, ce sont aussi les villes qui peuvent apporter la valeur ajoutée. Au fait, la nature même de la valeur ajoutée a changé notamment au cours des années précédentes. Entre les années 1950 et 1970, la valeur ajoutée a été apportée principalement par le processus de production d’un produit. Le processus de la fabrication présentait l’essentiel la valeur ajoutée. De nos jours, c’est plutôt la fusion de plusieurs éléments, comme la commercialisation, l’apport des idées innovantes ou encore simplement la façon de vendre le produit. Prenons l’affirmation du fondateur d’Apple, Steve Jobs, dans le film Jobs (2013):

« Nous n’allons pas vendre un ordinateur. Nous allons vendre ce que les utilisateurs peuvent faire avec cet ordinateur. »

Ce fait, à savoir que l’essentiel du prix d’un bien est créé par l’idée et pas par le processus de fabrication, représente le changement de valeur ajoutée.

Les villes à l’heure des classes créatives

Exactement comme pour la valeur ajoutée, l’idée de ville connaît aussi un changement. Les villes évoluent presque de la même façon que la valeur ajoutée. Les villes ne sont plus simplement des espaces pour vivre, mais aussi des espaces pour créer, pour innover ou pour faire de l’art. Les villes deviennent les marques. Aux États-Unis, la ville de technologie, c’est San Francisco avec son Silicon Valley, la ville de l’art, c’est New York. L’arrivée de « classes créatives » peut aussi redynamiser une ville telle que Baltimore. En effet, certains quartiers délabrés de cette agglomération ont connu un puissant processus de gentrification suite à l’arrivée de populations nouvelles, parfois qualifiées de « hipsters ». Par leur capacité de disruption, ces populations modifient l’image d’un quartier et attirent de nouveaux investisseurs, ce qui a fait flamber les prix de l’immobilier.

Une stratégie de marque

On peut voir la même situation en France aussi, mais traité autrement. Le problème principal réside dans l’artificialité des marques. Aux Etats-Unis, les marques se sont installées naturellement par présence des institutions depuis très longtemps, mais en France, les villes ont besoin d’une force nouvelle pour s’attribuer une marque. Par exemple, la ville de Saint-Etienne a présenté la volonté d’être la ville de design, alors elle a crée les institutions comme la Cité du Design, et des événement associés comme la Biennale du Design. Ces actions représentent un effort de marketing territorial de la part d’une ville à forte tradition industrielle.

Article rédigé par Jan Vojtechovsky

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *