Écrit en rapport avec Mode d'emploi 2014, ARTICLE, La fin des sociétés mobiles ?

La société actuelle se caractérise par une mobilité individuelle et collective croissante; et par une envie toujours croissante de mobilité. Cependant, la question de la fin de cet idéal de mobilité se pose à plusieurs niveaux:

 

1) la fin des déplacements individuels ?

– De nos jours l’automobile est indispensable pour se déplacer. Bien qu’elle soit source de pollution et d’embouteillages, les progrès techniques se multiplient encore. Ces progrès techniques apportent de nouvelles fonctions aux voitures, vont limiter la pollution. Par ailleurs, le partage des automobiles évolue, ce qui paraît être un avantage pour les ressources naturelles et l’environnement.

Ces progrès et cette utilisation partagée relancent-ils l’avenir de la mobilité par l’automobile, qui pourrait être contrainte par la « fin du pétrole » ?

 

 

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Des déplacements « doux » pour une meilleure mobilité. Source : http://pixabay.com/fr/

 

– Dans la Chine ancienne, il n’y avait pas d’ascension sociale à cause du Hukou (enregistrement obligatoire des familles et de l’état civil dans leur village). Mais avec l’expansion de la Chine, il y a eu une croissance des mobilités sociales. Ces changements économiques provoquent une difficulté à recenser et gérer les individus. Ainsi, certains chinois, par manque d’autorisation à se déplacer, se retrouvent clandestins dans leur propre pays.

L’Etat chinois doit-il assouplir son contrôle sur les individus pour favoriser des migrations génératrices de croissance ?

 

2) les mobilités dépendantes du stock des ressources naturelles ?

– L’aluminium a beaucoup influencé la vitesse et la mobilité au XXe siècle, son utilisation d’abord réservé à la guerre s’est diversifiée et a permis de changer les modes de vies, et de transformer la vision de la société.
Cependant l’aluminium a des limites comme la pollution, son usage dans différents produits (alimentation, cosmétiques, vaccins…) et cette ressource n’est pas inépuisable.

La fin de l’aluminium, vecteur essentiel de la mobilité du XXe siècle, va t-elle entraîner la fin des mobilités ?

– De plus, il y aura une fin des mobilités dans les villes si on ne trouve plus assez d’énergies pour alimenter les différents transports. Il faut donc essayer de trouver de nouvelles énergies pour pallier cette carence, comme les énergies renouvelables (éolienne, solaire, hydraulique, etc.)

Les avancées technologiques permettent-elles une meilleure mobilité intra-urbaines?

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Limites des mobilités par les embouteillages… Et la pollution. Source : http://pixabay.com/fr/

 

3) Les mobilités internationales limitées ?

– De manière générale, dans les domaine de l’économie, la mobilité internationale désigne les flux de capitaux ou d’individus ou de marchandises. Des accords entre pays, comme L’espace Schengen, facilitent les flux ou les limitent, en renforçant les frontières. La mobilité internationale est au cœur des enjeux d’aujourd’hui.

Les mobilités internationales des hommes, marchandises et capitaux peuvent-elles s’interrompre? au prix de quels déséquilibres?

– Autre limite: le protectionnisme est une situation dans laquelle un pays se protège de la concurrence étrangère. En effet, il consiste à mettre en place des barrières tarifaires et réglementaires qui limitent les échanges internationaux. Ainsi, cela permet d’accroître la compétitivité et la production des entreprises nationales. Et normalement de diminuer le chômage et de dynamiser l’économie intérieure au détriment des échanges internationaux.

La montée actuelle du protectionnisme va-t-elle conduire à la fin des flux de marchandises ?

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Le progrès technique permet une plus grande mobilité des échanges. Source: http://pixabay.com/fr/

 

4) La fin de la diversité culturelle ?

– Aujourd’hui, et ce depuis la mondialisation, les cultures des différentes sociétés se diffusent à travers le monde. Ainsi, il y a un phénomène d’acculturation, qui représente l’adaptation d’un individu ou d’un groupe à la culture environnante, ce qui rejoint la notion d’assimilation. On peut sinon trouver un syncrétisme qui est le mélange ou le métissage des traits culturels. Il arrive aussi qu’on assiste à une contre-acculturation ou une déculturation. Par conséquent on peut se demander s’il y a une homogénéisation de la culture mondiale au détriment de la diversité culturelle.

La mobilité fait-elle apparaître une homogénéité culturelle au détriment de la diversité culturelle ?

5) Des mobilités sociales accentuées ?

Quels facteurs poussent ou empêchent les individus d’effectuer des changements sociaux, et ainsi de constituer une société mobile?
Pour que la société soit mobile, il faut tout d’abord que les individus aspirent à autre chose qu’à la réalité, soit à des idéaux, et qu’ils soient ambitieux. Ils doivent aussi saisir des opportunités et persévérer en se détachant d’une société tournée vers le confort.
Cependant, s’ils n’aspirent pas au changement, cela pourrait être dû au fatalisme et à la passivité que l’on retrouve dans la société.

Assistons-nous alors à une diminution du nombre de facteurs motivant les individus à faire se mouvoir la société, donc à la fin d’une mobilité des mentalités, tendant vers la fin du changement social ou bien à un renouveau de ces facteurs ?

 

Nos téléphones mobiles, connectés en permanence, possèdent différentes applications dont les réseaux sociaux qui favorisent de nouvelles mobilités en favorisant nos interactions sociales, mais ils nous rendent aussi immobiles (s’il suffit de « liker » pour avoir des amis). Ces mobilités sociales peuvent s’appliquer à différentes populations (au niveau individuel, au niveau du ménage ou au niveau du groupe social et au niveau de la société).

Est-ce que les réseaux sociaux rendent mobiles ?

 

6) Les mobilités engendrées par le travail : état des lieux.

Dans le livre Mobilités sans racines dirigé par Stéphanie Vincent-Geslin et Vincent Kauffmann (Paris, 2012), les auteurs classent les formes de mobilités liées au travail en 3 catégories:
La pendularité quotidienne de longue distance est le fait de travailler dans un endroit situé a une certaine distance de son domicile, mais d’y revenir chaque soir.
La bi-résidentialité est le fait d’habiter dans une ville, mais de posséder une résidence près de son lieu de travail, qui lui se trouve loin du domicile.
L’overnighting est le fait de travailler à proximité de son domicile, et de se déplacer occasionnellement loin de son domicile, pour son travail.

Mais ils soulignent le fait que ces mobilités sont plutôt des façons de rester immobiles, ou plutôt sédentaires.

La mobilité du travail est-elle une forme d’immobilité ?

 

 

 

2 Réponses à “La mobilité en danger ?”

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