Ce texte est ressource du thème Migration et frontières

Le document que j’ai choisi de présenter est un extrait du journal le « Sud Ouest » datant du 15 Juillet 1998.

Il présente le témoignage d’Odette Tiennot, une Juste, reconnue par le Comité français pour YadVashem, ayant aidé un homme juif en 1943, pendant la guerre au péril de sa vie et de celle de ses proches.

En résumé, Odette Tiennot est une femme Française qui vivait dans une petite ville du nom de AUCH, avec son mari Robert Tiennot et leurs trois enfants dans un appartement. Le jour où elle rencontra Marcel Gies (en 1943), un juif étant très inquiet pour son père vivant dans le Sud de la France (région où se multipliaient les rafles), elle décida alors d’aider ce père, Henri Gies, en lui offrant l’hospitalité dont il avait besoin pour survivre. Les risques de se faire tuer ou torturer par les Allemands durant les rafles étaient considérables, pour les Juifs principalement, mais également pour les Français qui leur offraient l’hospitalité. Malgré cela, Odette Tiennot resta fidèle a ses intentions, le jour où la Gestapo l’interrogea elle et sa famille en ne dénonçant pas le réfugié qu’elle cachait dans son appartement. Elle perdit malheureusement l’enfant qu’elle portait à la suite de cet interrogatoire musclé. La famille Tiennot garda alors Henri Gies caché dans son habitation jusqu’à la fin de la guerre, où Odette dénoncera la Gestapo comme étant responsable du décès de son enfant.

Durant la guerre et l’occupation Allemande, Odette Tiennot a su faire preuve d’hospitalité envers autrui et considère son acte comme un devoir moral : « Après tout, on a fait juste notre devoir », dit-elle.

Au travers de cet exemple, qui témoigne de l’accomplissement du devoir d’hospitalité d’Odette Tiennot à l’encontre d’un juif, l’hospitalité est conçue comme une obligation morale telle qu’il était inconcevable du point de vue de ses valeurs de ne pas offrir l’hospitalité à cet homme qui en avait besoin. Le fait d’exposer Henri Gies au risque d’être capturé et probablement tué aurait représenté, pour elle, un acte immoral. Elle a donc préféré mettre sa propre personne et sa famille en danger, plutôt que d’exposer un homme a un tel risque, au simple motif, illégitime pour elle, qu’il était juif.

Cependant, les limites de cette obligation morale à laquelle Odette Tiennot se conforme sont multiples. D’une part, elle agit contre le gré de son conjoint, auquel elle impose de prendre un risque considérable et d’autre part elle fait courir à sa famille un danger de mort pour rester fidèle a ses principes et sauver cet homme. Et enfin, elle finit par perdre l’enfant qu’elle attendait, contrepartie extrêmement douloureuse donnée à son devoir d’hospitalité.

Malo Durand, TES

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *