Ce texte est une ressource du thème Vers une Europe participative


il est écrit par : TSTMG2 – Vincent d’Indy – Privas


L’habitat participatif en Europe

Vers des politiques alternatives de développement urbain ?

https://metropoles.revues.org/4960

[…À partir d’enquêtes de terrain réalisées à Tübingen et Fribourg (Allemagne), Almere (Pays-Bas) et Strasbourg (France), les auteures interrogent le développement de l’habitat participatif en Europe, dans une double perspective, sociologique et urbanistique. L’habitat participatif constitue pour des ménages de classe moyenne une réponse pragmatique face aux difficultés croissantes d’accès au logement. Plus encore, il renouvelle la conception du logement et les rapports à la propriété, à l’environnement urbain, au vivre-ensemble……]

1. L’ « habitat participatif », une notion plurielle

Livre blanc de l’habitat participatif, Strasbourg, 2011 : préambule.

Le xxie siècle a débuté avec un renouveau des réflexions sur les modes d’habiter la ville, qui se matérialise notamment dans les initiatives d’habitat groupé ou partagé, à la jonction entre un discours idéaliste de solidarité et d’écologie, et une réponse pragmatique aux exigences du quotidien (Kläser, 2006 ; Denèfle, 2009). L’analyse des conditions d’émergence de ces initiatives exige un cadrage terminologique et contextuel. Nous avons choisi d’utiliser ici l’expression « habitat participatif », pour la seule raison qu’ elle s’est imposée dans le vocabulaire des réseaux associatifs, des professionnels et des élus depuis quelques années en France, notamment depuis les rencontres nationales de l’habitat participatif organisées à Strasbourg en 2010. Le vocable « habitat participatif » a alors été retenu pour fédérer un ensemble d’initiatives, « dont l’objectif est la recherche d’alternatives aux cadres de production classiques du logement, en positionnant l’usager au cœur de la réalisation et de la gestion de son lieu de vie »6, et qui « ont en commun de proposer à la question du logement une réponse qui s’appuie sur la mobilisation de la société civile (…) plutôt que sur la prise en charge par l’État ou le libre jeu du marché » (Bacqué et Vermeeersch, 2007 : 46).

[…« Participer », au sens littéral, c’est prendre part, jouer un rôle dans une action ou une décision collective. Pourtant, depuis les travaux de Sherry R. Arnsteins sur « les échelles de la participation citoyenne », de nombreux auteurs ont décrit les différents degrés d’implication des citadins dans les projets urbains et ont montré que le stade de la « coopération symbolique » (Arnsteins, 1969) n’était que très rarement dépassé. Au mieux, les habitants sont informés ou consultés sur les grandes transformations de leur quartier, mais ils ne prennent jamais véritablement part aux processus de décision. Pour que le pouvoir des citoyens devienne effectif et pour tendre à une « coproduction » de la ville, un repositionnement des acteurs est nécessaire, ce qui suppose un dessaisissement du monopole des experts (Blondiaux et Sintomer, 2002 ; Boonstra & Boelens, 2011). Or, les stratégies entrepreneuriales de production de la ville et, plus particulièrement, la marchandisation du logement font obstacle à une telle remise en cause des rapports sociaux de pouvoir. L’habitat participatif, en redistribuant les rôles des acteurs de la production du logement, particulièrement en éliminant les intermédiaires (portage, promotion, commercialisation, gestion, etc.), permet aux futurs résidents d’être au cœur de la décision et de maîtriser collectivement l’ensemble du projet, de sa conception à sa réalisation (Biau et Bacqué, 2010 ; Fromm, 2012). Cela implique une coopération importante entre les habitants pour qu’ils puissent penser, construire et gérer ensemble leur espace de vie, et donc une disposition à l’organisation et l’esprit de groupe. En effet, un des principaux objectifs de l’habitat participatif est de favoriser le lien social, l’entraide et la convivialité de voisinage, non seulement au sein du groupe, mais aussi à l’échelle la ville. L’équilibre entre intimité familiale, vie collective et vie de quartier se discute dans le projet de vivre ensemble et se matérialise dans les choix architecturaux des habitants pour répartir espaces privés, partagés et publics (Jarvis, 2011)….]

Définition de l’habitat participatif :

Qu’est-ce que l’Habitat Participatif ?

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