Ce texte est ressource du thème Les lieux de la religion

Andrea Mastrovito est un artiste multidisciplinaire d’origine italienne exposant à l’international. Lors de la rencontre effectuée quelques jours seulement après la visite de son exposition au Château des Adhémar, il nous fait part de son idée de création et d’adaptation de ses œuvres en fonction du lieu de son exposition.

En effet, tout au long de l’exposition à laquelle nous étions conviés, toutes ses œuvres étaient liées et ancrées dans leur pièce, lieu d’exposition. Chacune des œuvres observées est  donc pensée et étudiée pour s’intégrer à la perfection dans leur lieu. Pour s’imprégner du lieu, lors de la rencontre menée, l’artiste nous explique en nous donnant quelques anecdotes que pour s’en imprégner totalement, s’imprégner de l’ambiance du lieu, il a passé plusieurs jours dans le château et s’est fait raconter l’histoire du château emblématique de la famille Adhémar de Montélimar. En effet, ce château, au fur et à mesure des siècles a pourvu à différents besoins tels que château, prison puis centre d’art qui est sa fonction actuelle. Cette démarche a pour résultat une progression vers la lumière et une progression des œuvres. En effet, la première œuvre exposée, deux livres imbriqués, un ouvrage sur la guerre, l’autre sur la philosophie introduit cette exposition. Puis vient l’histoire contée par une installation dans la salle suivante, relatant à partir d’un poème une histoire sombre. Dans la pièce suivante se trouve l’œuvre intitulée Procession;  cette œuvre, par l’orientation des personnages regardants tous dans une même direction invite le spectateur, l’observateur de cette œuvre à regarder ce que fixent tous ces personnages. Le dernier personnage de cette procession regardant vers la lumière, on est amené à entrer dans la dernière salle de l’exposition, où de simples règles colorées se transforment en vitraux inondant cette pièce de couleurs et de lumière. Cependant, en observant les ombres produites au sol, on peut se rendre compte que ces ombres se transforment en barreaux, tels les barreaux d’une prison. Cette progression vers la lumière tout au long de l’exposition peut soulever différentes questions philosophiques, dont la principale pour notre groupe est : si la lumière représente la liberté et les couleurs ses aventures, pourquoi  des ombres se forment-elles sur le sol à la manière de barreaux de prison ? Après la rencontre de l’artiste, cette question reste intacte.

Durant l’exposition, une œuvre a particulièrement attiré notre attention. Elle s’intitule Johnny. En effet, cette œuvre se trouvait dans la chapelle du château, lieu désacralisé au fil des siècles et transformé en lieu d’exposition. L’utilisation de ce lieu convenait parfaitement à l’installation de l’artiste. En effet, cette installation fait intervenir une vidéo mais aussi différents dessins ainsi qu’une mise en relief de certaines parties de ceux-ci, tout cela introduit le visiteur dans une ambiance particulière. Cette installation mise en musique par la musique du film du même nom fait intervenir des images, dont notamment, plusieurs fois une image de crucifix, composé du corps de Johnny ( personnage principal du film éponyme n’ayant plus que le tronc et sa tête pour vivre et n’ayant plus aucun moyen de communication avec le monde mais maintenu en vie pour l’exemple) et des quatre membres du Christ ainsi que de sa tête ( celle de Johnny ne pouvant être montrée et cachée sous un masque ) . Cette image met en relief la notion de martyre dont le Christ est un exemple mais  dont Johnny est aussi une illustration (Johnny étant un martyre et mutilé de la guerre du Vietnam).

La désacralisation de ce lieu religieux dans le but de devenir un espace d’exposition n’est qu’un exemple de réutilisation d’un lieu de culte.

Un article rédigé précédemment fait part des différents projets de réhabilitation et de changement de vocation de lieux religieux.

 

Coline & Amélie

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.