Ce texte est ressource du thème Pensée ou tactique ? Qu’en est-il de la politique ?

 

 

1/ Qui était Cicéron ? – par Mélissa Djemah & Pierre-Emmanuel Gras

Cicéron est un homme politique du premier siècle avant JC (-106;-43) grand orateur, il a écrit de nombreux livres tels que De Officiis ainsi que des livres sur l’art oratoire. C’est un homme qui a été témoin de la chute de la République. Il a grandi auprès d’influentes personnes telles que le sénateur Scaevola. Cicéron, citoyen romain républicain convaincu qui déteste la violence, échappe à sa carrière militaire en effectuant des tâches administratives. Grand avocat, il est très connu avoir gagné la bataille politique contre Catilina. Comme tout bon Romain, il commence le cursus honorum à 30 ans et finit plusieurs fois consul. En tant que consul, il était incorruptible et finit donc sénateur. Durant le premier triumvirat, il soutient César contre Pompée puis se retire de la vie politique après l’assassinat de César et en profite pour écrire. Il se positionne contre Antoine lors du deuxième triumvirat car il trouve celui-ci  trop avide de pouvoir. En -43 Antoine “demande” l’élimination de Cicéron, ce qui force celui-ci à se suicider.
Cicéron est donc un homme polyvalent: un orateur et un homme politique ainsi qu’un penseur et un homme d’action.

 

 
2/ Qu’est-ce que la rhétorique ? – par Léa Truillet & Lorice Jacob

Rhétorique est un mot qui tire son étymologie du grec “rhetor” qui signifie le rhéteur. L’équivalent Latin est “eloquentia” qui peut être traduit par l’éloquence et qui provient lui même de “loquor” (parler).
Il définit l’art du discours et l’art de bien savoir s’exprimer.
Ce concept a vu le jour dans l’Antiquité, en Grèce au Vème siècle avant J.C. puis par la suite à Rome.
Ciceron est un théoricien de la rhétorique. Selon lui, elle est constituée de 3 parties indissociables pour permettre de manier parfaitement l’art oratoire:
1. “Inventio” → la thèse: elle nécessite d’avoir des idées et de la culture
2. “Dispositio” → Le plan: c’est la manière d’organiser et traiter ses idées par exemple: “La narratio” qui expose les faits, le “confirmatio” qui argumente. Et enfin, le “peroratio” qui est la conclusion et la récapitulation de notre discours.
3. “L’elocutio” qui est le style, la manière de parler
D’autre part, pour lui l’orateur se doit de manier la “memoria”( travail de mémorisation), et l’“actio” (diction et gestes) et enfin le jeu à travers sa voix.

 

 
3/ Quels exemples de discours célèbres peut-on prendre pour illustrer le lien entre rhétorique et politique ? – par Hajer Maarcha & Lucille Perraudin

Comme nous l’avons dit plus haut, Cicéron est très connu pour sa maîtrise de la rhétorique. En effet, il a écrit les Catilinaires qui sont des discours célèbres, même de nos jours. Le plus connu d’entre eux est le premier qui a été prononcé dans le Sénat. Dans ses discours, et en particulier celui-ci, il utilise de nombreux procédés tels que des questions rhétoriques, parallélismes, interjections comme “o tempora, o mores”, expression très connue.
Cicéron a été le modèle de nombreuses personnes célèbres telles que Martin Luther King, Hitler et même Charles De Gaulle. En effet, dans leurs discours, ils utilisaient les techniques de notre cher Cicéron. Le grand orateur romain nous apprenait qu’un bon gouverneur devait dans ses discours utiliser le “docere” qui consiste à instruire les juges, le “placere” qui sert à concilier  la bienveillance de l’auditoire et enfin, le “movere” pour l’émouvoir. Ce sont ces précisions que l’on trouve dans les discours des hommes politiques que nous avons cités plus tôt.
On retrouve dans le discours très connu de Martin Luther King : “I have a dream” toutes ces nuances où l’on reconnaîtrait presque Cicéron : entre les anaphores, les gestes et les tonalités tantôt graves, tantôt douces, le style de ce dernier est de même remarquable.
Également, Hitler, célèbre dictateur allemand prenait des cours de théâtre pour jouer sur sa gestuelle ainsi que sa voix et, toucher, persuader et convaincre son public.

 
4/ A quelles occasions utilise-t-on la rhétorique? – par Flavie Carmona & Elisa Lamaille

La rhétorique est utile dans plusieurs domaines différents.
Dans le genre judiciaire elle est utile lors des réquisitoires ou plaidoyers des avocats et permet de discerner le juste de l’injuste. Pour le genre délibératif on l’emploie lors des discours devant des interlocuteurs : lors de meeting ou de discours politiques devant l’assemblée. Elle permet de déterminer le possible et l’impossible, le bien et le mal du point de vue du bien commun. Dans le genre épidictique elle est utilisée lors d’éloges pour susciter l’admiration.
Le but de la rhétorique est triple. Dans un premier temps il faut convaincre en étant précis dans les preuves (“docere” en latin), puis dans un second temps il faut persuader l’auditoire en l’émouvant (“movere” en latin), et enfin il faut plaire à l’auditoire en le charmant (“placere” en latin).
Même si l’art rhétorique était utilisée durant l’Antiquité, elle est encore d’actualité notamment grâce aux hommes politiques, aux avocats…

 

 
5/ Cicéron est-il toujours d’actualité? – par Lise Ducruet &Thomas Poncelas

Comme vu précédemment, la rhétorique est indispensable à la politique. Pour être efficace elle doit être structurée, comme Cicéron l’a enseigné dans ses oeuvres. En effet, cet orateur de l’Antiquité a produit de nombreuses oeuvres théoriques à propos de l’art de la rhétorique comme De officiis.
Par ailleurs, de nombreux hommes politiques contemporains comme Barack Obama, président actuel des Etats-Unis d’Amérique, respectent dans leurs discours la technique oratoire transmise par Cicéron. Ainsi, Obama structure ses discours à la manière de Cicéron, expliquée au début de cet article. Mais Obama ne se contente pas de respecter la structure, il transmet également des valeurs qui peuvent rappeler celles du mos majorum sacralisées par Cicéron.
Cependant, il ajoute son style propre à sa personnalité, comme des liens avec son histoire personnelle et des références religieuses, propre à la culture Etats-Unienne.
Enfin, il possède  la prestance et le charisme parfait comme le décrit Cicéron.
Cicéron n’est donc pas un orateur dépassé, bien au contraire, il reste un incontournable de la rhétorique pour les orateurs d’aujourd’hui.

 

 
6/ Quelle est l’influence géoculturelle sur la rhétorique ? – par Vincent Hiron, Nathan Leres & Aymeric Dupuy.

Après avoir analysé divers discours s’appuyant sur la rhétorique gréco-latine nous avons eu l’occasion de constater que le contexte géoculturel influe sur le discours.
On pourrait retrouver une proximité géographique et/outemporelle qui susciterait une émotion plus vive chez l’individu. Ainsi, le pathos (fait de susciter l’émotion) serait plus efficace sur l’auditoire lorsqu’il s’appuierait sur des faits concrets et réels soit notre propre contexte géoculturel. Tous les faits son certes concrets mais ils touchent plus lorsqu’ils attisent chez l’auditeur un sentiment d’empathie. Lors de son discours à Selma sur les droits civiques, Barack Obama a commencé par parler de l’abolition de l’esclavage, de la guerre civile et des lois de Jim Craw . Ainsi en rappelant l’histoire de ce pays à son auditoire, il leur a rappelé leur mémoire suscitant ainsi leurs émotions.
La mémoire est ce qui permet d’assurer la cohésion d’une société. Ainsi de nombreux politiques s’appuient sur l’histoire et la mémoire pour capter l’attention du public mais comme le disait Benjamin Stora “l’histoire ne sert pas à guérir les mémoires blessées”. Ainsi revenir sur ces mémoires historiques suscite bien le pathos.

Les commentaires sont fermés.