Ce texte est article du thème Architecture, villes et réchauffement climatique

Présentation de l’écoquartier de la caserne de Bonne
Le site de la caserne De Bonne est une ancienne caserne militaire située en plein centre-ville. Aujourd’hui ce site a été repensé et réaménagé afin de créer un écoquartier. Il s’agit donc d’un projet d’aménagement urbain qui respecte les principes du développement durable tout en s’adaptant aux caractéristiques de son territoire. Ce projet a démarré en 2009 et a été inauguré en 2010, or les premiers habitants sont arrivés en 2008 alors que le quartier était encore en construction. Ce lieu est une ZAC (zone d’aménagement concertée) commandité par la ville de Grenoble.
On y trouve 885 logements dont plus d’un tiers de logements sociaux (39%), 5000m² de bureaux, 15000m² de commerces, 5 hectares d’espaces verts, un cinéma d’art et d’essai, un hôtel 4 étoiles, une école, un établissement pour personnes âgées, et enfin une résidence pour étudiants sur une superficie de 8,5 hectares, le tout dans le respect de l’environnement.
L’équipe de maître d’œuvre qui a conçu ce quartier est Aktis Architecture.

Le projet
Le projet de la ZAC de Bonne permet de prolonger l’hyper-centre et définit les contours de la ville compacte. Celui-ci permet d’insérer le projet dans un tissu urbain varié avec la création de rues en continuité des voies existantes ou pour la desserte des nouvelles habitations en matière de transports en commun, de créer de nouveaux espaces verts pour les grenoblois (vaste parc urbain traversant d’est en ouest). De plus, il complète l’offre commerciale de la ville grâce à la création d’un centre commercial créé en 2010 et enfin il conduit « une opération exemplaire en matière de Haute Qualité Environnementale ».

Les enjeux
Cette opération vient combler un vide laissé par une ancienne enclave militaire se situant au cœur de la ville et qui était inoccupée depuis 1994
La ville et le ministère de la Défense lance en 2000 un projet afin d’établir un programme d’aménagement pour le site de la caserne de Bonne en faisant le choix de créer un mail d’activités, de loisirs bordés par un parc, et de rétablir les continuités urbaines.

Un nouveau rapport avec la nature
Le choix des matériaux, les procédés de construction, l’efficacité énergétique et l’utilisation d’énergies renouvelables lui ont valu le soutien du programme européen de recherche et développement Concerto (Sesac).
La conception bioclimatique et l’isolation par l’extérieur permettent d’optimiser les performances énergétiques des bâtiments, ainsi que leur confort, hiver comme été. Elles se traduisent par des besoins en chauffage limités à 50 kWh/m2/an et une baisse des charges pour les occupants en théorie car en 2009 et 2010 le bureau d’études Enertech révélait une surconsommation allant de 5 à 70% rien que pour le chauffage.

Le côté obscur…
Bien que le quartier de Bonne soit souvent présenté comme un « modèle d’urbanisme » et un « écoquartier exemplaire » par les revues immobilières, il est néanmoins vivement critiqué.

En effet, il est tout d’abord décrit comme un « ghetto de riches » ceci dû au prix des appartements élevé (entre 3000 et 4000 euros le mètre carré). Il est donc inaccessible aux personnes aux revenus modestes. Ce quartier concentre une forte proportion d’ingénieurs, de cadres et de chercheurs. Malgré les forts besoins en logements sociaux et l’augmentation des inégalités sociales, la Mairie de Grenoble a choisi de privilégier une population aisée.
« La caserne de Bonne entretient un écologisme de façade ». Ce nouveau quartier se présente comme une référence en matière environnementale (consommations énergétiques moindres, utilisation de matériaux biologiques : bois, chanvre, terre…), or comme nous l’avons expliqué dans la partie « un nouveau rapport avec la nature » de gros problèmes de surconsommation ont été observés entre autres.

Les écoquartiers tels que la caserne De Bonne donnent l’impression qu’il est possible de sauvegarder l’environnement sans pour autant bouleverser nos styles de vie, nos systèmes énergétiques, et notre modèle économique.
La Caserne De Bonne est décrite par certains comme une « excuse » afin de donner bonne conscience aux classes aisées désigné comme les plus enclines à la surconsommation, aux voyages lointains et au gaspillage quotidien.

La vie sociale du quartier reste visiblement inexistante. Le centre commercial de la caserne abrite en majorité des boutiques franchisées ; on ne trouve ni artisan, ni tabac-presse, ni marché matinal. Cela se ressent notamment dans le nombre d’habitants.
De plus, il y a une absence d’incitation aux comportements écologiques : pas de jardin partagé, pas de compost collectif, la taille des garages à vélos a été sous évaluée. Le journal Libération a recueilli le témoignage de Julie, « une mère de famille nombreuse arrivée de Paris qui avoue avoir cessé de trier ses déchets depuis son emménagement à Bonne, parce que les installations ne sont pas pratiques. »

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Caserne De Bonne, écoquartier grenoblois, Crédit marco1003, licence Creative Commons

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Caserne De Bonne, écoquartier grenoblois, Crédit marco1003,Flickr, licence Creative Commons

 

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