Ce texte est article du thème Vérités de l’histoire

Les écritures historiques et romancières de Romain Bertrand et Mathias Enard nous invitent à découvrir l’Autre et à imaginer l’Ailleurs. L’historien cherche-t-il ce que l’histoire ne dit pas  à partir de ce qu’elle dit ? Le romancier tente-t-il de dire l’étrangeté ?

L’Autre est une autre personne, un autre être vivant, c’est une autre création de Dieu. Il nous permet de voir un autre côté de la vie. C’est l’étranger et c’est réciproque : je suis l’autre de l’étranger. Ainsi, nous avons des points communs mais des différences de mentalité et d’éducation subsistent.

L’autre attire parce qu’il est mystérieux. Il peut même devenir une idole. On s’émerveille devant l’étranger parce qu’il ne nous ressemble pas. C’est un humain pour qui nous pouvons avoir divers sentiments comme l’amour, la haine, la compassion. Il est extérieur à notre entourage, mais on peut échanger avec lui. Lorsqu’on le rencontre, il devient accessible et il cesse d’être un autre : « je ferai tout ce que je peux pour découvrir tout de lui de A à Z ». C’est la rencontre qui fait l’Autre. L’étranger a une âme, un esprit différent. L’autre est une personne qui attend d’être connue et comprise. On peut essayer d’apprivoiser l’autre, apprendre à le connaître, le séduire. « L’autre ne le devient plus une fois que l’on a appris à vivre comme lui. »

Si l’autre est différent, alors il serait souvent triste et pas très drôle. C’est celui que je ne comprends pas, celui qui tue.

L’autre n’existe pas, car nous sommes tous semblables et uniques.

Mathias Énard est l’autre : son travail est remarquable et exemplaire.

Les personnages historiques sont des autres car on ne peut pas les rencontrer. On ne vit pas à la même époque.

L’autre c’est mon frère qui est parti en Australie pour gagner de l’argent. Mon ailleurs c’est là-bas où j’aimerais aller pour le voir.

L’Autre habite l’Ailleurs.

 

L’Ailleurs, c’est un monde nouveau, un monde rêvé ou merveilleux. C’est un endroit où l’on s’évade. C’est un endroit où il reste encore plein de choses extraordinaires à découvrir. L’ailleurs, c’est là où on ne se sent pas où il faut, loin de ses racines, de chez soi. Au contraire ce peut être le lieux des racines lorsque sa famille a voyagé : la tombe d’un grand-père, le pays d’origine d’un père : le Congo ou le Chili. C’est l’endroit où l’on pourrait aller en famille pour se retrouver.

C’est un milieu différent de celui que l’on connaît. L’ailleurs amène à la découverte. C’est un pays inconnu. Tout est nouveau autour de nous et il faut s’adapter. C’est découvrir un autre univers.

Le livre est un ailleurs : « avec ce livre, on voyage ». L’art de l’autre est un ailleurs.

Parfois, l’ailleurs est interdit, mais ce peut aussi être un refuge.

L’Orient est l’ailleurs de l’Occident et l’Occident est l’ailleurs de l’Orient.

« L’ailleurs pour moi, n’est nulle part. Ces pays, je ne les connais pas, mais je ne peux pas dire l’Ailleurs. L’ailleurs, c’est un lieu inexistant. » Le vrai ailleurs, c’est ce qu’on ne peut pas connaître : la mort, « là est le vrai ailleurs », « on ne sait pas ce qui nous attend, ni où l’on va », « on ne sait pas dans quelles circonstances et où cela va se passer et rien ne nous informe. Tandis que nous pouvons toujours nous renseigner sur d’autres pays (livres, documentaires, internet, …) » C’est un autre monde.

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