Ce texte est article du thème Architecture, villes et réchauffement climatique

 

Dans un monde en perpétuelle évolution, la question qui se pose est comment vivre dans un monde respectueux de la planète. Depuis le début du nouveau millénaire, les gouvernements mettent en place de plus de en plus de politiques qui visent à favoriser le développement durable. Ainsi, un certain nombre de villes se consacrent au projet des écoquartiers.

L’historique de l’écoquartier

Quand on parle d’écoquartier, on sous entend souvent, sans nécessairement l’exprimer, les notions de « quartier durable », « ville durable » voire « ville du futur ». Un écoquartier est un quartier urbain qui a des caractéristiques écologiques modernes.

Cette sorte d’urbanisme est constitué sur un objectif de maîtrise des ressources nécessaires à la population et aux activités de productions économiques ainsi que la maîtrise des déchets qu’ils produisent. Les 5 piliers d’un écoquartier sont les habitations qui sont économes en énergie et utilisent les énergies renouvelables telles que le soleil ou le vent; le déplacement, cela veut dire qu’on privilégie les transports qui polluent peu ou pas comme le bus ou le vélo; les déchets, par exemple on installe des bacs à compost et enfin la propreté de l’eau (améliorer la propreté de l’eau), et les végétaux (améliorer les espaces naturels).

Le premier écoquartier à être sorti de terre est le quartier Vauban de Fribourg-en-Brisgau en Allemagne en 2006, la construction a duré plus de 10 ans. Aujourd’hui en France on compte 16 écoquartiers, comme le quartier de la caserne de bonne à Grenoble.

16306161062_4c764e8c10_zÉcoquartier de la caserne de Bonne à Grenoble, jMANkun (Plateforme Flickr),licence creative commons

Un exemple : l’écoquartier de la caserne de Bonne
Le site de la caserne De Bonne est une ancienne caserne militaire située en plein centre-ville. Aujourd’hui ce site a été repensé et réaménagé afin de créer un écoquartier. Il s’agit donc d’un projet d’aménagement urbain qui respecte les principes du développement durable tout en s’adaptant aux caractéristiques de son territoire.

  • Le projet

Ce projet a démarré en 2009 et a été inauguré en 2010.
On y trouve 885 logements dont plus d’un tiers de logements sociaux (39%), 5000m² de bureaux, 15000m² de commerces, 5 hectares d’espaces verts, un cinéma d’art et d’essai, un hôtel 4 étoiles, une école, un établissement pour personnes âgées, et enfin une résidence pour étudiants sur une superficie de 8,5 hectares, le tout dans le respect de l’environnement. L’équipe de maître d’œuvre qui a conçu ce quartier est Aktis Architecture.
Le projet de la ZAC de Bonne permet de prolonger l’hyper-centre et définit les contours de la ville compacte. Celui-ci permet d’insérer le projet dans un tissu urbain varié avec la création de rues en continuité des voies existantes ou pour la desserte des nouvelles habitations en matière de transports en commun, de créer de nouveaux espaces verts pour les grenoblois (vaste parc urbain traversant d’est en ouest). De plus, il complète l’offre commerciale de la ville grâce à la création d’un centre commercial créé en 2010 et enfin il conduit « une opération exemplaire en matière de Haute Qualité Environnementale ».

  • Un nouveau rapport avec la nature

Le choix des matériaux, les procédés de construction, l’efficacité énergétique et l’utilisation d’énergies renouvelables lui ont valu le soutien du programme européen de recherche et développement Concerto (Sesac).
La conception bioclimatique et l’isolation par l’extérieur permettent d’optimiser les performances énergétiques des bâtiments, ainsi que leur confort, hiver comme été.

  • Les points faibles de ce projet

Bien que le quartier de Bonne soit souvent présenté comme un « modèle d’urbanisme » et un « écoquartier exemplaire » par les revues immobilières, il est néanmoins vivement critiqué.

En effet, il est tout d’abord décrit comme un « ghetto de riches » ceci dû au prix des appartements élevé (entre 3000 et 4000 euros le mètre carré). L’accession à la propriété est donc inaccessible aux personnes aux revenus modestes. Ce quartier concentre une forte proportion d’ingénieurs, de cadres et de chercheurs. Malgré les forts besoins en logements sociaux et l’augmentation des inégalités sociales, la Mairie de Grenoble a choisi de privilégier une population aisée.
« La caserne de Bonne entretient un écologisme de façade ». Ce nouveau quartier se présente comme une référence en matière environnementale (consommations énergétiques moindres, utilisation de matériaux biologiques : bois, chanvre, terre…), or  de gros problèmes de surconsommation ont été observés.La vie sociale du quartier reste visiblement inexistante. Le centre commercial de la caserne abrite en majorité des boutiques franchisées ; on ne trouve ni artisan, ni tabac-presse, ni marché matinal. Cela se ressent notamment dans le nombre d’habitants.
De plus, il y a une absence d’incitation aux comportements écologiques : pas de jardin partagé, pas de compost collectif, la taille des garages à vélos a été sous évaluée. Le journal Libération a recueilli le témoignage de Julie, « une mère de famille nombreuse arrivée de Paris qui avoue avoir cessé de trier ses déchets depuis son emménagement à Bonne, parce que les installations ne sont pas pratiques. »

Au delà de l’écoquartier, quelle est véritablement la politique environnementale de Grenoble ? Celle-ci favorise t-elle une nouvelle forme de tourisme ?

Grenoble et son image touristique

  • Etat des lieux

Capitale des Alpes, Grenoble est la porte d’entrée vers la montagne et sur les stations de skis notamment. Du fait de sa position géographique, sa population importante et de part son attraction touristique, Grenoble est touchée par une forte pollution et un encombrement des réseaux routiers qui amènent les habitants à chercher des solutions pour lutter contre ce fléau. Grenoble d’un point de vue touristique est une ville étape. Les touristes y viennent pour des courts séjours car la ville se situe généralement sur leur route. Ce qui veut dire qu’ils ne viennent pas à Grenoble pour faire du tourisme. Pour conserver ses atouts, la ville mène des politiques environnementales. La ville est desservie par un important réseau de transports en commun( tramway, bus, train…) qui circule régulièrement, de nombreux parcs( 35 parcs et jardins publics dans et autour de Grenoble), plusieurs zones piétonnes ….En 2007, la construction de la rocade nord fut envisagée afin de fluidifier le périphérique de Grenoble. Ce projet aurait ainsi permis aux touristes arrivant de Lyon de se rendre dans les stations de la Savoie tout en évitant de passer par la ville. Cependant, il fut abandonné pour des soucis d’écologie ainsi que pour les raisons financières (580 millions d’euros).

  • Dans l’avenir

Grenoble sera la première ville de France à la mi-2016 à mettre en place la limitation à 30km/h pour les véhicules dans le centre de l’agglomération grenobloise. Grenoble subi effectivement les conséquences de flux touristiques particulièrement importants pendant les périodes estivales et hivernales qui viennent altérer la qualité de son air et la vie de ses habitants. Cette mesure ne fait toutefois pas l’unanimité. De plus, la limitation sur les principaux boulevards et grands axes grenoblois seront maintenus à 50km/h, cela nous amène à nous demander la réelle efficacité de cette action. Pour les années à venir, la ville recevra 1 million d’euros de la part de l’Etat, sur la période 2015-2020, afin de l’aider à déployer son nouveau plan pour l’amélioration de la qualité de l’air. En effet, elle  vient de remporter l’appel à projets gouvernemental. « Villes respirables à 5 ans », lancé par la ministre de l’Ecologie et du Développement durable, Ségolène Royal. Ce plan gouvernemental l’aidera à financer de nouveaux projets: un espace urbain agrandit au profit des cyclistes et piétons; le quai Saint-Laurent interdit aux voitures…. La ville compte ainsi changer son image de ville « polluée » à une ville responsable afin de répondre aux nouvelles attentes des touristes.

Ainsi de nombreux acteurs se sont mobilisés afin de mettre en commun leurs idées et leurs solutions pour améliorer le contexte environnemental de la région grenobloise. En effet, la ville peut compter sur de nombreuses mesures innovantes qui pourraient lui permettre d’être à la pointe de l’action environnementale et de l’innovation touristique.

Un Réponse à “Ecoquartiers,développement durable, un atout pour le tourisme ?”

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