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Une démocratie sans médiation ?

Cette publication est un article concernant les recherches sur le thème lié Qu’est-ce que le populisme ? - Chose publique 2018

Une démocratie sans médiation ?

La démocratie, c’est quoi ?

Le mot démocratie vient du grec de démos, « peuple », et de kratos, « pouvoir ». On parle donc de pouvoir du peuple, de gouvernement du peuple.

Abraham Lincoln, président des États-Unis de 1860 à 1865, aurait un jour déclaré que la démocratie était « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ». Mais il existe différentes formes de démocratie. Si la souveraineté appartient au peuple, dans les formes définies par la modernité et le libéralisme politique, celui-ci choisit ceux qui gouverneront : la démocratie n’est pas directe mais représentative.

Le peuple n’exerce donc pas le pouvoir directement. Il existe des médiations.

Quelles médiations ?

Parmi les médiations qui sont présentes on trouve les institutions politiques (Parlement, élus désignés pour voter les lois, etc.), les partis politiques qui soutiennent ou s’opposent au gouvernement. Il n’y a pas de démocratie sans conflit. Les politiques publiques sont aussi des intermédiaires entre le peuple et l’Etat et visent à traduire pour le peuple les politiques décidées. Les médias également jouent un rôle important, en diffusant des informations qui doivent être vraies ou vérifiables.

Une crise de la démocratie et la tentation populiste

Or on le voit aujourd’hui : la démocratie semble en crise. Tous ces intermédiaires sont contestés au nom du peuple : on en veut aux « élites » qui n’écoutent pas assez le peuple.

Mafalda et la démocratie
Quino

Mais quel peuple ? Qu’est ce qu’un peuple ? Quel est ce peuple que l’on oppose aux élites ?

De nombreux états se sont tournés vers des gouvernements que l’on nomme illibéraux ou démocratures. Aux États-Unis, Trump ; au Brésil, Bolsonaro ; en Italie, le mouvement 5 étoiles et la ligue ; en Hongrie, Orban ; en Turquie, Erdogan, etc.

De nombreuses personnes semblent tentées par le populisme.

Mais qu’est ce que c’est ?

Dans les mots «démocratie» et «populisme», nous entendons le terme «peuple». Le populisme, lui aussi, revendique le «pouvoir du peuple». La démocratie et le populisme devraient donc être synonymes. Pourtant, le populisme est une atteinte à la démocratie, une pathologie de la démocratie qui lui est peut-être inhérente. En opposant LE peuple aux élites il prétend opposer un NOUS à EUX… mais comment définir ce nous

 

Le populisme semble être une réponse dangereuse à une crise de la délibération. Redonner la parole au peuple ne serait ce pas d’abord redonner aux citoyens et au peuple le moyen de s’investir dans la vie politique, d’être informés vraiment, de délibérer vraiment ?

Pour écrire cet article nous nous sommes aidé des sources suivantes : Site internet à caractère scientifique

One thought on “Une démocratie sans médiation ?”

  • Populisme et démocratie.

    Un grand merci pour votre contribution à cette discussion sur ces notions de peuple, populisme et démocratie. La question posée est importante aujourd’hui et difficile.

    Si je peux me permettre quelques remarques pour discuter avec vous, je crois qu’il faut se méfier du mot « populisme », dont le sens est très mal défini, et qui souvent sert à masquer un mépris des « gens du peuple » considérés comme ignorant, incompétents, xénophobes voire racistes. Pour la même raison, je ne pense pas que le mot « élites » soit pertinent : il suppose une auto-proclamation de couches dominantes comme étant « les meilleurs », c’est-à-dire, au sens étymologique, les aristoï, qui suggère que le meilleur régime est l’aristocratie, une aristocratie de gens intelligents, alors que la démocratie est le gouvernement de ceux qui n’ont aucun titre à gouverner.
    Avant de savoir si le populisme est une « pathologie de la démocratie » il faut s’interroger sur le sens du mot « démocratie », non pas son sens étymologique, mais ce qu’il désigne pour les modernes depuis le milieu du XIXe siècle, voire le XXe.
    Je crois que c’est un régime politique qui repose sur un principe fondamental : le pouvoir auquel les sujets obéissent est le pouvoir de lois qui trouve son fondement du côté de ceux qui obéissent, mais qui, quand ils décident des lois, sont appelés citoyens. Le droit d’être citoyen est le droit de tout homme, à égalité (article 1 de la DDHC de 1789). Dans une nation nombreuse, il n’y a pas d’autre solution que d’élire des représentants, mais ceux-ci peuvent avoir un mandat souverain ou impératif, être révocables ou non. Mais ça ne suffit pas : si les citoyens sont écartés de toutes discussions pendant que les représentants siègent, la démocratie devient une aristocratie élective. S’ils n’ont pas le droit de manifester leur opposition ou leur accord, il en va de même. Si les droits de l’homme ne sont pas garantis, notamment celui qui relève d’une liberté de non domination, ou du droit de résistance à l’oppression, on les dévalue. Ce sont autant de causes de « pathologie ».
    Ce mot est délicat : on a pu s’en servir pour dire qu’il y avait dans un pays comme des microbes, des corps étrangers, et qu’il fallait le purifier (ethniquement). Mais on peut comprendre que la pathologie a quelque chose de normal : c’est le risque que court tout être vivant dans la dynamique qui lui permet de continuer à vivre : risque de s’affaiblir alors qu’il cherche à se faire plus puissant. Par exemple si on pense que les dirigeants d’une nation doivent régler tous les problèmes qui se posent, c’est-à-dire si on croit que la démocratie consiste à élire un président qui sait tout et peut tout, on sera nécessairement entraîné dans une situation où les « élites » qui se croient plus intelligentes que « le peuple » mépriseront celui-ci ou donneront l’impression de le mépriser, ce qui entraînera une révolte colérique des gens du peuple, ce qui pourra, peut-être, donner envie d’un pouvoir fort, voire dictatorial, affaiblissant la nation. Et alors on entendra des donneurs de leçon pour dire : vous voyez, le peuple est contre la démocratie, donc il faut gouverner malgré le peuple pour le bien du peuple.
    Mais alors, on aura oublié le principal : comment faire en sorte que les citoyens soient plus libres en vivant ensemble. Je crois que c’est cette question de la liberté commune qu’il faut toujours mettre en avant, et que tous les mots en « isme » occultent.
    Pardonnez-moi si j’ai été top long.
    Gérard Bras

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