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Une crise migratoire érythréenne dévoilant l’impuissance du monde démocratique

Cette publication est un article concernant les recherches sur le thème lié Ce que la question migratoire fait à la démocratie - Chose publique 2018

Une crise migratoire érythréenne dévoilant l’impuissance du monde démocratique.

Carte Érythrée« Il n’y a pas de démocratie, aucun droit. Et il n’y a pas de Constitution. Et en plus, pas de relation paisible avec les pays voisins. Tout est foutu » dit un émigré Érythréen. Une accumulation de défauts facteur de l’immigration actuelle que connaît la France et plus globalement les pays développés. De l’autre coté de la Méditerranée, chaque mois, 5000 Érythréens fuient leur pays. Il faut se pencher sur les causes de ce fléau afin d’aider les populations. Les Érythréen s’exilent mettant a jour l’impuissance du monde démocratiques.

Le contexte actuel en Érythrée

Déclaration paix Érythrée - Éthiopie

Le 9 juillet 2018, à Asmara, Monsieur Afwerki, président de l’Érythrée, et Monsieur Ahmed, Premier ministre éthiopien, ont conclu une déclaration de paix et de coopération. Cette déclaration met fin à l’état de guerre qui a tout de même duré vingt ans.

Mais que va-t-il en résulter ? Une fin de la guerre et donc une émigration massive de l’Érythrée qui va s’achever ?

Bien que la fin d’une guerre soit un élément majeur pouvant restreindre l’immigration, ici la situation est plus complexe. Nous sommes loin de « la prospérité et du développement durable qui seront profitables à nos peuples » espéré par Monsieur Ilyas Moussa Dawaleh, porte-parole de Djibouti.

Une dictature érythréenne loin des principes de l’ONU

À la tête de l’Etat un homme Monsieur Afwerki

Isaias Afwerki, président Érythréen

En effet, Monsieur Afwerki, depuis sa prise de pouvoir en 1993, suite à l’indépendance de l’Érythrée, ancienne région d’Ethiopie, applique une dictature stricte véritable cause des déplacements de populations.

Un émigré Érythréen s’exprime sur son pays d’origine : « Il n’y a pas de démocratie, aucun droit. Et il n’y a pas de Constitution. Et en plus, pas de relation paisible avec les pays voisins. Tout est foutu. » Il ajoute : « Mon président, M. Issayas Afewerki, est une ordure ou un fou. Je ne sais pas comment expliquer le caractère dictatorial de cet homme. Je pense que c’est un boucher ».

Leonard Vincent, spécialiste de l’Érythrée, appuie ce témoignage « Il peut être envoûtant et charmant, mais cache une nature paranoïaque, brutale et arrogante ». Les témoignages parlent donc d’un homme au pouvoir depuis très longtemps, sûr de lui, qui n’est pas disposé à changer de politique.

Un pays en retard dans de multiples domaines

Le pays est particulièrement en retard sur les autres tant au niveau économique que social. Son IDH est moindre (0.472) montrant une marge de progression fondamentale. L’Érythrée souffre de la pauvreté, de problèmes de santé et de droits limités. Un grand nombre de progrès reste à faire afin qu’elle soit stable.

Une paix envoûtante

L’espoir éthiopien

Drapeau Éthiopien

Il est vrai que la paix est une bonne chose économiquement pour l’équilibre de la corne d’Afrique, mais l’Ethiopie à déjà ses propres désagréments. Elle affiche des taux faibles en ce qui concerne le PIB par habitant, la liberté d’expression et la bonne gouvernance du pays. L’Éthiopie a notamment des difficultés internes au pays et n’est pas en mesure de faire prospérer l’Érythrée. Dans tous les cas les progrès économiques ne riment pas avec démocratie.

Une paix stratégique 

L'ONU

La nouvelle paix proclamée dans la précédente déclaration permet aussi d’atténuer les tensions à l’international. L’ONU réticente vis-à-vis de l’Érythrée se félicite de la nouvelle. Pourtant, dans le passé, les enquêteurs des Nations Unies se sont vu refuser tout accès au territoire. Ils ont dénoncé, en 2016, les « crimes contre l’humanité » commis depuis près d’un quart de siècle à huis clos. De multiples promesses ont été faites par M. Afwerki, mais la situation reste immuable.

Un renversement difficile

L’échec promotionnel de la démocratie

Drapeau Union Européenne

En 2015, l’Union européenne a mis en place une aide financière de 312 millions d’euros pour mener le pays vers la démocratie. Cependant, l’organisation n’a pas été assez ferme et n’a pas donné de réel contreparties. L’aide fut un échec et favorise le renforcement du régime totalitaire.

La déclaration de paix est une aubaine pour l’Érythrée qui se corrobore dans son mouvement totalitaire et amenuise les tensions avec l’ONU. L’Érythrée a de fortes similitudes avec la Corée du Nord qui enchaîne les périodes de fortes tensions et de paix.

Les limites d’interventions

Total

Les grandes puissances n’ont pas intérêt à déclarer la guerre avec l’Erythrée. Selon Leonard Vincent : « L’Union européenne fait des affaires avec le pays, le groupe pétrolier Total également. Soutenue par le Qatar, l’Érythrée fait partie de la coalition menée par l’Arabie Saoudite pour lutter contre les rebelles houthis au Yémen, de l’autre côté de la mer Rouge ».

 

Ce que la crise migratoire érythréenne fait à la démocratie

Nous sommes donc face à une immigration massive d’Érythréens qui s’échappent d’une situation complexe. La paix signée rassure à l’international malgré une dictature répressive favorisée par des aides et des alliés internationaux.

Aide Afrique

Les Érythréens fuient la dictature, ce n’est pas une migration désirée, l’intégration à l’étranger est d’autant plus difficile.

De l’autre coté les pays démocratiques accueillent une partie de cette crise migratoire. La démocratie absorbe la crise migratoire sans agir à l’origine du problème ayant peur des conséquences d’une intervention.

L’inaction s’explique aussi par le débat au sein des démocraties sur la question migratoire. Donc des pays où l’égalité et le bien-être sont promulgués mais qui ne peuvent pas transmettre leurs valeurs aux pays non-démocratiques traduisant leurs impuissances.

Pour finir, la paix déclarée et la bonne entente de l’Érythrée avec les autres pays de la Corne d’Afrique vont remettre en cause le droit d’asile des Érythréens puisque leur pays sera jugé plus sûr.

Pour l’instant, aucune mesure n’est prise et tous les pays se félicitent d’une baisse des tensions. Ainsi, les flux pérenniseront.

Voici quelques ressources en lien avec le sujet ce que la crise migratoire fait à la démocratie : 

Les routes immigratoires et leurs dangers 

Le débat autour de l’Aquarius

Les accords de Dublin

Les differents types d’accueil des migrants 

L’accueil des migrants mineurs isolés

Le droit au logement pour les migrants 

L’apport culturel des migrants 

La montée des extrêmes en Europe 

L’Allemagne face à l’immigration 

La politique de Macron face à la question migratoire

 

Pour écrire cet article nous nous sommes aidé des sources suivantes : Presse / radio / TV / site d’information, Site internet à caractère institutionnel, Autres

One thought on “Une crise migratoire érythréenne dévoilant l’impuissance du monde démocratique”

  • Le taux d’émigration de l’Erythrée (le nombre de personnes quittant le pays par rapport au nombre d’habitants) est aujourd’hui l’un des plus importants au monde. Selon diverses estimations environ 10% de la population aurait fui au cours de la dernière décennie. Ces chiffres sont bien sûr des estimations, qui donnent un ordre de grandeur et non une mesure précise. Une telle situation n’est pas sans précédents dans l’histoire (l’Irlande au milieu du XIXe par exemple), mais elle demeure exceptionnelle et est liée, ce que montre votre papier au fait qu’à peu près tous les facteurs qui poussent au départ sont réunis dans le cas de l’Érythrée. Une situation économique désastreuse bien sûr, mais aussi une forte croissance démographique (environ 3 millions d’habitants en 1990, 5 millions aujourd’hui), un régime dictatorial, une guerre durable.
    On pourrait ajouter l’instauration d’un service militaire obligatoire interminable. En guerre contre l’Ethiopie durant des années (un pays de 100 millions d’habitants), l’Érythrée a fait face en enrôlant à peu près toute la population en âge de porter les armes. Beaucoup de jeunes gens ont fui pour éviter la conscription et la participation à une guerre qui n’avait pas forcément de sens pour eux (Cela rappelle le départ de nombreux jeunes portugais dans les années 60 qui ne veulent pas aller se battre au Mozambique ou en Angola). L’accord avec l’Ethiopie, qui est plus une trêve qu’une paix n’a pas conduit à abandonner cette politique.
    De ce fait, les facteurs poussant au départ sont inchangés, cependant que la fin des combats permet aux pays européens de refuser plus facilement des dossiers des demandeurs d’asile. Beaucoup d’ailleurs ne sont pas eu Europe, sur les 500 000 (environ) réfugiés en provenance d’Érythrée fin 2016, 165 000 se trouvent en Éthiopie d’après l’UNHCR et l’enjeu pour les organisations internationales ou les démocraties européennes est leur prise en charge dans les camps à proximité de l’Erythrée.
    Pour ce qui est des changements internes, l’impuissance des démocraties s’explique aussi par la forte présence des intérêts chinois dans la région (les principales compagnies minières qui permettent au gouvernement de disposer de ressources sont à capitaux chinois), les règles de fonctionnement de l’ONU, qui supposent l’unanimité entre les grandes puissances et le souvenir des interventions récentes (en Lybie par exemple), qui n’ont pas été exactement un succès. De façon générale le règlement d’un conflit et la réponse à un exode massif supposent un assez large accord au sein de la communauté internationale, ni l’Europe ni les pays qui la composent. N’ayant la capacité de régler le problème à eux seuls, et il est difficile d’obtenir un tel accord aujourd’hui. Est par contre du seul ressort des démocraties européennes la façon dont sont traités les habitants de cette région qui parviennent jusqu’en Europe.

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