Vous consultez une publication écrite par : Lycée René Cassin – 2°4 de La Plata – SES


Cette publication est une ressource concernant les recherches sur le thème lié La société est-elle toujours en avance sur son droit ? Grand entretien Christiane Taubira - Chose publique 2018

Qu’est ce que le lobbying ?

Le lobbying est la stratégie d’une entreprise cherchant à  défendre ses intérêts en mettant la pression à des décideurs publics afin de l’influencer dans ses choix. Pour cela, les lobbyistes s’appuient sur une bonne connaissance du circuit décisionnel et constituent des réseaux.

Les lobbys existent sous des formes directes, comme avec le Dieselgate présenté dans cette ressource, ou dans des formes indirectes, comme le lobby de YouTube.

Les lobbys influencent donc la mise-en-place de nouvelles législations qui leurs sont favorables ou susceptibles de leur porter préjudice. Les entreprises en profitent pour se développer et particulièrement les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon), en jouant sur leur avance par rapport à la législation d’internet.

Le dieselgate, un exemple de lobbying industriel

Un scandale mondial

Le Dieselgate est un scandale automobile dévoilé en septembre 2015 par une agence de protection de l’environnement américaine. Le groupe Volkswagen a équipé 11 millions de véhicules diesels d’un logiciel qui détectait les phases de test environnementaux. Celui-ci permettait d’afficher un taux de pollution inférieur à la réalité en réduisant les performances du moteur pendant le test.

Le lobbying, une pratique d’un grand intérêt pour les constructeurs automobiles

Suite au dieselgate, une commission d’enquête a été nommée, dévoilant des éléments expliquant pourquoi les constructeurs consacrent autant d’argent au lobbying. De fait, en 2015, l’industrie automobile a dépensé 20 millions d’euros en lobbying, dont la moitié répartie entre 3 constructeurs allemands : Volkswagen, Daimler et Opel.

Le rapport d’enquête montre que le recours aux logiciels tricheurs était connu de l’Union Européenne et des autorités nationales depuis une dizaine d’années.

De plus, l’adoption de nouvelles normes de pollution et de tests en condition réelle sur les véhicules était sans cesse repoussée par l’Union Européenne.

En effet, la crise économique et ses conséquences ont incité les autorités nationales et européennes à ne pas procéder à une régulation afin de ne pas nuire à la compétitivité des constructeurs, c’est-à-dire la capacité à produire des biens avec un rapport qualité-prix favorable, leur permettant d’assurer une bonne rentabilité tout en gagnant des parts de marché sur leurs concurrents.

Cela a été rendu possible par un lobbying mené efficacement par les constructeurs, au détriment de la santé publique et des milliers de décès causés par les diesels chaque année.

YouTube, un statut concurrentiel flou

Qu’est-ce que Youtube ?

YouTube a été créé le 14 février 2005 par trois américains : Steve Chen, Chad Hurley et Jawed Karim, puis s’est vu racheté par Google en 2006 pour la somme de 1,65 milliards d’euros.

Cette plateforme (à l’époque neutre dans son statut) a acquis de plus en plus de notoriété et connaît son apogée dès 2010 avec de nombreux « buzz » comme Gangnam Style de PSY avec un record de plus d’un milliard de vues en 2012 ou pour un exemple plus récent, Despacito de Luis FONSI ayant récolté 4,6 milliards de vues en 2018.

A partir de 2012 on observe un succès croissant marquant le début de la viralité des vidéos « hébergées » par YouTube.

Depuis, Google considère cette dernière plateforme comme un site d’archive. Pourtant, pour la plupart des gens, YouTube est la première plateforme de streaming.

Il convient alors de définir ces deux termes et de cerner leur contour.

Ces deux éléments présentent quelques différences :

  • Une plateforme d’archives est une plateforme sur laquelle sont stockées différentes données multimédias qui évite les droits d’auteurs. YouTube se considère comme tel.
  • Une plateforme de streaming est un espace où sont stockées des données multimédias en libre accès. Ce devrait être considéré comme fonction de création et ainsi, payer des droits aux auteurs.

Une plateforme en avance sur son droit

Avant 2015 aux États Unis et 2018 en France, YouTube, qui selon Google est une plateforme d’archives, garantissait un accès strictement gratuit au contenu puisqu’ils ne payaient pas de droits aux artistes.

Depuis 2015, il existe un autre accès, payant : « YouTube Premium ».  Il permet de rémunérer les artistes. Il a été lancé à deux jours de la commission européenne, censée délibérer sur le statut de YouTube. Ils ont donc par une fine stratégie réussi à « s’innocenter ». A l’inverse, les créateurs comme Deezer ou Spotify, en tant que plateformes de streaming, se doivent de payer des droits d’auteurs et de ne pas laisser un accès gratuit à leurs services.

Le lobby de YouTube consiste à rester à la limite de la légalité afin de ne pas perdre leur audience. Cela leur permet de préserver leur notoriété. YouTube se situant à la limite entre légalité et illégalité, ils s’éloignent de cette limite pour rejoindre le côté « légal » (avec YouTube Premium).

Pour autant, cette frontière est fragile, il leur faut rester dans la légalité sans pour autant payer davantage de droits aux auteurs ni devenir une plateforme de streaming. Est-ce réellement leur objectif ? YouTube doit rester sur cette limite. Ils exercent un lobby qui recherche à ne pas s’exposer sur le champ concurrentiel.

On peut donc dire que YouTube exerce un lobby en profitant du fait qu’internet en est à son début et qu’il n’existe pas assez de réglementation pour créer des lois les condamnant au streaming. Ils sont en avance de telle sorte qu’il est impossible de réglementer le statut de YouTube car Google, membre du GAFA (Google Apple Facebook Amazon), est une grande puissance économique et il serait à présent désastreux de conduire YouTube à sa perte (un service payant étant beaucoup moins attrayant).

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