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PMA hors la loi 6/6

Cette publication est une ressource concernant les recherches sur le thème lié PMA - GPA, question éthique, réponse politique ? - Chose publique 2018

Adila, célibataire et la quarantaine, veut faire un enfant toute seule par Fécondation In Vitro (FIV). En France, cette pratique est réservée aux couples stériles.

Adila relate ses démarches pour devenir mère

Elle est partie en Espagne où les FIV sont légales. Pour sa deuxième tentative, elle doit encore attendre deux semaines avant d’avoir les résultats. Cette fois, c’est une FIV double-don (don d’ovules et de sperme).
Toutefois, elle ne peut pas rencontrer ses donneurs car ceux-ci sont anonymes. Néanmoins, la clinique a accepté de lui a présenté une donneuse espagnole, Laura, 27 ans. Laura suit des études de vétérinaire. En marge de ses études, elle est serveuse et travaille dans un gymnase. Dès ses 18 ans, elle a commencé par donner son sang. Pour elle, le don d’ovocytes est juste comme un autre don.

Elle a déjà donné à trois reprises et le fera encore au besoin même si elle ignore combien d’embryons sont nés de ses dons. En contrepartie, elle reçoit « une compensation financière ». Ce n’est donc plus vraiment un don. Laura s’est montrée réservée face au montant qu’elle a perçu mais il est estimé aux alentours de 1000 euros, qu’elle a sûrement utilisé pour payer ses études. On se trouve ainsi dans un système qui monnaye les ovocytes des gens qui ont besoin d’argent pour ceux qui ont les moyens de se les payer.

Un commerce international de la fertilité?

De retour à Paris, Adila rencontre Carine, qui à déjà fait trois tentatives de FIV. Carine est allée en République Tchèque, suivant les conseils d’une connaissance. Elle raconte le manque d’humanité du personnel qui s’occupait d’elle, le peu de sentiments et l’absence d’accompagnement psychologique. Même lorsque son traitement, trop fort, la rendait trop nerveuse, ce qui fit échouer sa tentative. Ses doutes, couplés au fait qu’elle a été une des victimes de l’attentat de novembre 2015, lui font prendre la décision de faire stériliser les embryons. Carine se trouve alors confrontée à l’incompréhension de la clinique qui s’inquiète surtout du fait qu’elle paye pas les honoraires. En mars 2016 elle retourne en République Tchèque. Tout se passe très bien mais, malheureusement, sans résultats.

Ce témoignage illustre la dérive du tourisme médical par laquelle certains pays se spécialisent dans des pratiques interdites chez leurs voisins. Il évoque également ce qu’Adila appelle le « paradoxe de la FIV » : plus les femmes multiplient les tentatives, plus elles augmentent leurs chances de réussite mais, devenant de plus en plus nerveuses, elle risque de tout faire échouer.

 

Un heureux dénouement?

Finalement, après deux semaines d’attente, Adila reçoit ses résultats…L’histoire a une fin heureuse car ceux-ci sont positifs. Elle donnera donc naissance à Yuri, un bébé né de 3 personnes différentes, elle et ses deux donneurs.
Aujourd’hui, en France, la PMA n’est pas accessible aux couples de femmes et aux femmes seules. Cependant, un texte l’autorisant sera proposé dans le cadre de la révision de la loi bioéthique qui devrait être votée début 2019.

Pour écrire cet article nous nous sommes aidé des sources suivantes :

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