Vous consultez une publication écrite par : Lycée Jacques Brel – Accueil et Intégration – Quelles sont les sources de la radicalité ?


Parlons radicalité.

Cette publication est un article concernant les recherches sur le thème lié Quelles sont les sources de la radicalité ? - Chose publique 2018

90 minutes d’échanges dépassionnés, francs et captivants à la Médiathèque de Vénissieux.

“Écouter d’autres manières de penser”. “Nous rappeler que vivre ensemble est ce qu’il y a de meilleur”. “Réfléchir”. “Pouvoir s’exprimer librement sans jugement”, c’est ce qu’a permis ces heures de débat autour de la problématique : “Quelles sont les sources de la radicalité ?”. De podcast en reportage télés, de livres en statistiques, de rencontres en tempête sous un crâne nous nous sommes rendus compte que la radicalité n’est pas un phénomène nouveau : Brigades rouges en Italie, Action directe en France, au XXe siècle.

En appui à notre réflexion, le livre « La tentation radicale » (PUF, 2018) de Anne Muxel et Olivier Galland. « C’est donc la chose du moment ? » demande Lotfi B.,17 ans, à la sociologue Anne Muxel. Leur enquête auprès de 7000 lycéens a permis de nous confronter à l’opinion d’élèves à propos de la théorie du complot, du rapport à la religion ou des attentats de 2015… Les musulmans y sont surreprésentés mais en rencontrant Anne Muxel nous nous demandons (toujours) pourquoi ne pas assumer ce choix ? De peur de stigmatiser une partie de la population ? Les discussions entre nous ont montré des opinions tranchées, sujettes à polémiques, concernant la prédominance de la religion sur la science, par exemple.

À cela s’est ajouté une vive critique concernant la République. En effet, le « contrat social » cher à Rousseau, n’est pas respecté dans nos sociétés. L’absence d’utopie doit interroger sur l’avenir que l’on nous impose.

Et si être radical était un moyen de se sentir vivant ?

Pour écrire cet article nous nous sommes aidé des sources suivantes : Référence bibliographique, Presse / radio / TV / site d’information, Autres

One thought on “Parlons radicalité.”

  • La radicalité est une notion assez complexe. Nous vivons dans une société politiquement libérale, c’est-à-dire qui reconnaît à chacun le droit d’avoir ses idées personnelles et de les exprimer librement. Cette liberté a néanmoins des limites. Les propos publics racistes et antisémites sont sanctionnés par la loi, comme le sont les appels à la violence.
    D’autre part, la manifestation d’opinions politiques ou religieuses est également proscrite pour les personnels de la fonction publique dans l’exercice de leur métier. Cette limitation s’est étendue aux élèves des établissements scolaire après le débat sur le port du voile l’école. A l’issue de ce débat, le port d’insignes religieux par les élèves a été proscrit. Notre enquête montre d’ailleurs qu’une minorité significative (40%) des lycéens que nous avons interrogés n’est pas d’accord avec cette interdiction.
    Mais la radicalité c’est autre chose que de simplement exprimer des opinions politiques ou religieuses. La radicalité a deux aspects. D’une part, elle peut consister à exprimer des opinions qui s’opposent complètement aux normes qui sont admises dans la société et qui fondent ce qu’on peut appeler le contrat social. Le contrat social en France est fondé sur la devise républicaine, « liberté, égalité, fraternité ». Une opinion qui répudie l’égalité, en prônant par exemple la supériorité des hommes sur les femmes, ou en prônant la supériorité absolue d’une religion sur les autres, n’est pas compatible avec ce contrat social. Une opinion qui ne reconnaîtrait pas à chacun la liberté de choisir ses opinions religieuses ou politiques, ou par exemple de choisir son orientation sexuelle, n’est pas compatible avec ce contrat social. Une opinion enfin qui refuse de reconnaître aux membres de la société le droit de faire ces choix n’est pas compatible avec l’idée de fraternité.
    Il y a un second aspect de la radicalité : c’est légitimation de la violence comme moyen de faire triompher ses idées. Dans une société démocratique, la violence est bannie. Seul l’Etat a le droit d’utiliser la violence dans le cadre de la loi et pour faire respecter la loi. Mais la violence privée n’est pas admise. Or certains courants politiques ou religieux justifient l’usage de la violence pour faire avancer leurs idées ou pour défendre leur groupe qu’ils estiment menacés. Dans notre enquête nous avons vu qu’une minorité des lycéens (11%) trouvait acceptable, dans la société actuelle, de combattre les armes à la main pour sa religion. Nous avons également constaté que cette proportion était plus importante (20%) chez les jeunes de confession musulmane.

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