Vous consultez une publication écrite par : LPO Aragon-Picasso « Exprime-toi! » – Classe de seconde


Numérique, fake news, modèle économique : l’éternelle crise du journalisme étudiée à la loupe par les élèves du LPO Aragon Picasso

Cette publication est un article concernant les recherches sur le thème lié Numérique, fake news, modèle économique... L’éternelle crise du journalisme ? - Chose publique 2018

Comment amener des élèves de 15 ans à s’intéresser, voire à se passionner pour un sujet à priori aussi éloigné de leurs préoccupations que « Numérique, fake news, modèle économique : l’éternelle crise du journalisme » ? Comment les armer intellectuellement pour qu’ils apprécient réellement les échanges entre Aude Lancelin, Eric Fottorino, Géraldine Mühlmann et Alexandre Deveccchio à la Villa Gilet ? Comment faire pour qu’ils partagent surtout nos inquiétudes ou nos espoirs face aux évolutions de la presse ? Comment faire aussi pour qu’élèves de seconde générale et professionnelle échangent, travaillent ensemble ? Faire des groupes de travail mixtes autour de huit problématiques différentes, organiser des séances de recherches documentaires et les laisser chercher, chercher, encore chercher, trouver parfois et se questionner encore. Pourquoi les médias traditionnels sont-ils en crise ? Qu’apportent-ils de différent des réseaux sociaux ? Sont-ils forcément condamnés ? Est-ce uniquement une question de coût, de rapidité ou de disponibilité ? Peuvent-ils évoluer, muter en incorporant ou en s’incorporant aux réseaux sociaux ? Est-ce une question de génération ? Pour autant avec cette information ultra disponible sommes-nous aujourd’hui mieux informer ? Les nouveaux moyens de s’informer nous rapprochent-ils ou alors nous divisent-ils comme à Chemnitz en Allemagne cette année ? Ces réseaux sont-ils une promesse de liberté absolue de s’informer ou au contraire une prison aux barreaux invisibles qui nous enferme dans nos certitudes et nous radicalisent à notre insu ? Ces réseaux qui fabriquent tant d’entre soi, au lieu de nous ouvrir les uns aux autres, ne font-ils pas courir un risque de fracturation à nos sociétés démocratiques ?

Et une fois les recherches accomplies, comment en rendre compte, comment les mettre en valeur ? « Devenir soi-même le média » comme disait Jello Biafra au cours d’une folle journée au lycée Aragon-Picasso de Givors avec six propositions d’ateliers différents, au choix, défendre des opinions, désormais forgées, lors de joutes oratoires, leur donner une dimension artistique à travers les arts appliqués, les mettre en forme avec Mathieu Périsse de We report en atelier informatique, ou encore en interrogeant un autre groupe lors d’interviews radiophoniques avec Radio Ondaine et en s’interrogeant sur les mystères de la diffusion du son en sciences, parce que chercher cela rend curieux. Enfin forcément pour une journée comme celle-là en choisissant de s’inventer reporter photos/radio/vidéo pour qu’il reste de belles traces du plaisir d’apprendre (montage en cours, bouclage un jour…), d’expliquer, de s’interroger, d’avouer parfois que l’on ne sait pas ou que l’on n’est plus très sûr parce que … c’est compliqué, parce qu’informer ce n’est pas simple encore peut être plus aujourd’hui qu’hier.

Focus sur les Fake News, leur pouvoir et le contre-pouvoir du fact checking :

Au cours des joutes oratoires que notre équipe a organisées le 16 octobre 2018, les élèves de Seconde de la cité scolaire Aragon-Picasso ont cherché à cerner les enjeux de l’information et du numérique au XXIe siècle.

A l’ère du numérique, les informations se répandent très facilement sur les réseaux sociaux, entraînant avec elles rumeurs et « fake news ». Mais comment évaluer la qualité d’une information, distinguer le vrai du faux ? Existe-t-il un contre-pouvoir ? Le fact checking pourrait constituer une réponse, la formation du citoyen également. Les politiques souhaitent la mise en place de lois punissant les producteurs et diffuseurs de nouvelles truquées : cette solution est-elle légitime ?

Toutes ces questions ont été abordées par nos élèves. Voici la synthèse rédigée par l’un de nos groupes de travail. Ce groupe a cherché à répondre à la délicate question suivante : « En quoi la campagne présidentielle de 2016 aux États-Unis a-t-elle été marquée par le phénomène des fake news et de leurs diffusions ? » Ce sujet les a conduits à construire la problématique suivante : Comment est-il possible de lutter contre la propagation de ces fausses informations ?

Les fake news sont présentes sur les réseaux sociaux comme Twitter, Facebook, YouTube et sur Google mais ne représentent qu’un faible pourcentage (0,012% sur Twitter, 0,004 % sur Facebook et 3 % sur Google).

En 2016, les États Unis sont marqués par un mouvement de fake news concernant les élections présidentielles. Certaines fausses informations avaient confirmé que Donald Trump a vaincu Hillary Clinton grâce à de faux votes. Elles disaient aussi que le Pape avait donné son soutien à Donald Trump. Cette information est fausse car, plus tard, le Pape François témoignera en expliquant qu’il n’a pris parti pour aucun des candidats. Cependant, 960 000 personnes ont été atteintes par ces propos mensongers, ce qui est un bilan assez élevé et constitue un danger pour la démocratie. Selon l’article ci-contre (https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/030890706214-trump-les-fakes-news-et-linculture-des-americains-2131097.php), les fake news russes n’auraient pas eu autant d’impact si les Américains avaient eu des cours sur les faux articles.

 

Qui est journaliste aujourd’hui? N’importe qui au cœur d’un événement et qui possède un téléphone portable ?

Pour répondre à cette question un groupe a travail sur une étude comparée de 2 séismes à Mexico en 1985 et en 2017:

En septembre 2017, à l’occasion du séisme, beaucoup de citoyens de Mexico sont devenus, comme des journalistes reporters d’images des acteurs de l’information en utilisant les réseaux sociaux connectés pour participer à la circulation des informations sur le séisme , ce qui a accru la prise de conscience de la catastrophe par les citoyens.

Mais ce que l’étude réalisée par ces élèves a démontré c’est que les citoyens ont su aussi se saisir des réseaux sociaux pour s’engager dans diverses actions de solidarité.

Un ensemble d’outils numériques en ligne a permis des élans de solidarité mais aussi une réponse particulièrement organisée des Mexicains, gestion qui avait fait défaut 32 ans plus tôt .

Voici quelques exemples :

-Consignes relayées sur les réseaux sociaux aux participants des opérations de secours:

Marie le 20 septembre 2017 partage sur le groupe WhatsApp pour les citoyens qui souhaiteraient participer aux recherches d’individus dans les décombres des consignes relatives à l’utilisation des signaux gestuels sur les chantiers de recherche.

Dans la même logique, il y a eu aussi l’utilisation sur Google Map de la cartographie participative : une carte collaborative a été réalisée afin de permettre la diffusion d’informations sur la localisation des destructions, des dommages, mais aussi des besoins en tout genre, des centres de soins, de ravitaillement, d’accueil et d’hébergement, à l’échelle de Mexico, et dans toutes les zones touchées .

Enfin, Le hashtag #Revisamigrieta sur Twitter a permis à des ingénieurs spécialisés en construction d’offrir leur service pour évaluer l’état des immeubles de différents quartiers de Mexico avec la possibilité ou pas de regagner l’appartement.

En conclusion, il apparaît qu’avec le net et les réseaux sociaux , les citoyens trouvent des outils de communication leur permettant d’endosser plusieurs rôles: celui de journaliste reporter de terrain qui diffuse à grande vitesse des images et des informations mais aussi celui de citoyen actif qui prend part directement ou indirectement à des opérations de recherche, de sauvetage , de solidarité .

A travers cette étude de cas, les élèves ont pu réfléchir et argumenter. Réseaux sociaux , une chance pour l’information ? Les réseaux sociaux nous rapprochent-ils ou nous divisent-ils ? Comment les médias traditionnels peuvent-ils faire face ?

Les enjeux et les dessous du Big Data:

Nous avons aussi abordé ce sujet qui a posé beaucoup de difficultés aux élèves qui ne savaient pas ce qu’est le Big Data. Ils avaient entendu parler de données personnelles, de la prudence de que l’on doit avoir vis-à-vis de ce que l’on confie aux réseaux sociaux, mais ils n’avaient pas conscience de la notion d’identité numérique, ni des enjeux économiques ou citoyens du Big Data. Nos navigations et nos amis dressent notre portrait robot numérique et conditionnent les contenus que les médias nous proposent tout en favorisant l’entre-soi. Sommes-nous manipulables par ces contenus ? Sommes-nous bien protégés ?

Internet et le Big Data sont-ils une chance pour tous les citoyens ou un danger pour les démocraties ? Quelles protections pour nos données personnelles ? Les citoyens sont-ils bien informés des enjeux et des dessous du Big Data ?

La fracture numérique et la question des inégalités, les divisions exacerbées des sociétés, les frontières entre vie privée et vie publique, les débats ont été nourris par des faits d’actualité nombreux.

Nous avons aussi abordé la question du journalisme prédictif. L’observation des flux d’information peut-elle permettre d’annoncer une nouvelle avant qu’elle n’arrive en réalité ? Les journalistes vont-ils devenir des analystes de données numériques ? Les faits d’actualité sont-ils éclairés par les flux d’informations qui les précèdent ou les suivent ? Le Big Data permettra-t-il aux citoyens d’être mieux informés ? Entre scénarios de science-fiction et réalité, où en sommes-nous ?

Nous arriverons riches de belles expériences, encore plus curieux et avec plein d’interrogations restées sans réponse à la Carte blanche de Géraldine Mühlmann vendredi 16 novembre à Givors et samedi 17 novembre à la Villa Gillet !… Dici là, écoutez-nous sur Radio Picasso!

Pour écrire cet article nous nous sommes aidé des sources suivantes :

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