Écrit en rapport avec AIR 2015, Les auteurs des AIR 2015

Dans son roman Madame Bâ,  l’auteur Erik Orsenna raconte l’histoire de Marguerite Bâ, une Malienne âgée d’une cinquantaine d’année qui a rempli le formulaire 13-0021 pour une demande de visa suite à la disparition de son petit-fils en France « englouti » par le football. Mais sa demande n’a pas eu gain de cause, à la suite de quoi elle écrit une lettre au président de la république Française de l’époque dans laquelle elle répond au formulaire et raconte son histoire par le biais de chaque question qui lui est posée, depuis sa naissance en 1947 jusqu’au moment où elle écrit cette lettre. Avec l’aide de son avocat Maître Benoît Fabiani ils vont tout faire pour délivrer son petit-fils, tout en racontant l’enfance émerveillée de Mme Bâ au bord du fleuve, l’amour que lui portait son père, son contact auprès de la nature, ses joies, ses peines, son quotidien. L’histoire d’une simple Africaine, grande par sa taille et son esprit qui nous emmène au loin dans son aventure et grâce à cela nous finissons vraiment par l’apprécier.

Erik Orsenna surprend tout d’abord par la forme du livre qui est découpé par chapitre en fonction du formulaire, ce dispositif est intéressant car il rend le roman plus clair et organisé, en ajoutant une pointe d’originalité. Ce livre nous émeut car on s’attache beaucoup à ce personnage alors qu’il n’est que fictif, mais grâce au style d’écriture de l’auteur cela rend le personnage attachant, authentique et surtout réel, elle pourrait être n’importe qui. Le fait que nous soyons aussi admiratifs devant elle vient du combat dans un premier temps qu’elle mène pour récupérer son petit-fils, mais aussi par le style d’écriture d’Orsenna qui l’a rend tout aussi admirable. Nous oublions totalement que c’est l’auteur qui a écrit ce livre et donc nous ne considérons plus le héros comme un personnage mais comme une personne réelle qui nous parle de son vécu, de son combat, de son pays. Ce qui est intéressant aussi c’est le style amusant qu’emploie l’auteur tout en y ajoutant des choses profondes et sincères. Cette histoire nous captive car l’écrivain nous éclaire sur l’administration des consulats français et africains tout en révélant en même temps l’histoire de Madame Bâ (qui permet d’ailleurs de rendre le livre plus attractif) et l’histoire de son pays le Mali. Orsenna nous fait découvrir par l’intermédiaire de l’héroïne les beautés et les réalités de l’Afrique ainsi que les rapports (étroits) entre la France et le Mali. Le livre est tout à fait surprenant, émouvant, attachant, je conseille ce livre aux personnes qui aiment rire, qui aiment les aventures et la nature, qui apprécient le récit d’une femme qui raconte son quotidien parfois banal mais aussi souvent bouleversant. De plus, le fait que l’auteur s’imagine dans la peau de cette femme et qu’il nous fasse découvrir l’Afrique, ses richesses, ses beautés est enrichissant, voire passionnant. Cependant, le souci du détail instigué par le romancier est finalement lassant, quitte à perdre le lecteur. Ce roman n’en reste pas moins profond, abouti et preuve d’un romancier amoureux d’un continent (trop) souvent dénigré.

Mona-Lisa. B

> Madame Bâ, d’Erik Orsenna, aux éditions Fayard/Stock

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