Écrit en rapport avec Mode d'emploi 2014, RESSOURCES, Réagir à chaud - le temps réel

Au début des années 90, les régimes autoritaires arabes ont été placés sous une double contrainte : celle du climat de l’époque, un climat démocratique historique après la chute du Mur de Berlin, après la disparition des dictature Sud-Américaines, pour la première fois une majorité de la population vivait dans des démocraties; celle aussi de l’expansion de l’économie de marché qui exige un minimum d’arrangement institutionnel, un minimum d’Etat de droit de transparence budgétaire.

Le « Printemps Arabe »:

Le 17 Décembre 2010, Mohamed Bouazizi un vendeur ambulant tunisien  de fruits et légumes se voit confisqué sa marchandise par les autorités tunisiennes car il ne disposait pas d’autorisation officielle de vendre des fruits et légumes. Mohamed tente alors de récupérer sa marchandise auprès de la municipalité de Ben Arous qui refuse et le chasse.

Seul revenu d’une famille de sept enfants et complètement désespéré Mohamed Bouazizi décide de s’immoler par le feu. Gravement brûlé il décédera le 4 Janvier 2011 et sera le point de départ d’une vague de révolutions sans précédent dans le monde arabe.

Photo de Mohamed Bouazizi avant son immolation

 

Visage de Khaled Said, égyptien battu à mort par la police égyptienne

Dès lors, la population, en particulier les jeunes, descendirent dans les villes et manifestèrent contre la corruption, le manque de considération des jeunes, le partage des richesses.En janvier 2011, les manifestations atteignirent Tunis, cela fut le début de la Révolution du Jasmin..Au bout de 3 jours, le président Ben Ali prit la fuite, gouvernant la Tunisie depuis 24 ans, vers l’Arabie Saoudite. Un nouveau gouvernement est instauré puis congédié par l’armée le 24 janvier. Le lendemain, c’est l’Egypte qui s’enflamme suite à la mort de Khaled Said, quinze jours plus tard le président Moubarak quitte aussi le pouvoir. Ces deux pays, qui suite à cette révolution a eu droit à une nouvelle élection, ont inspiré d’autres pays:

-La Libye, qui s’est transformé en guerre civile et abouti à la mort du général Kadhafi au pouvoir depuis 42 ans

-Le Maroc,le roi Mohamed VI a mis en place une réforme de la constitution qui a apaisé les tensions dans le pays et un référendum

-L’Algérie,où le président Bouteflika a présenté des reformes notamment sur l’élargissement des femmes à l’assemblée

 l’Arabie Saoudite le roi Abdallah calme les tensions en mettant en place des aides sociales.

-le Yémen, les manifestants réclament le départ du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 1978, qui refuse de partir pendant plusieurs mois avant d’être blessé par des tirs d’obus et de se retirer du pouvoir en 2013.

Mais le pays le plus touché par ces révolutions est la Syrie, avec une guerre civile qui dure depuis bientôt 4 ans avec près de 200 000 morts dont 9000 enfants, qui ne semble jamais vouloir s’arrêter avec le président Bachar el-Assad déterminé à ne pas vouloir partir et des rebelles voulant continuer à se battre.

Printemps Arabe

Le rôle des réseaux sociaux

Selon le sociologue Olivier Grassley ,spécialiste des nouvelles technologies à l’Université de Lausanne, les réseaux sociaux ont joué un rôle important dans ces révolutions. En effet, Facebook et Twitter ont permis de coordonner les manifestations, à rassembler des centaines de milliers de personnes très rapidement. Toujours selon Olivier Grassley,les réseaux sociaux sont des espaces de liberté où chacun peut s’informer et communiquer dans des pays sous surveillance permanente, où la liberté d’expression et d’opinion n’a pas sa place, les gens ont pu s’apercevoir grâce aux réseaux sociaux qu’ils partagent les mêmes opinions et qu’il ne sont pas seul dans leur lutte.

Les réseaux sociaux ont vite été adopté par les manifestants car ils restent un moyen de faire passer des informations sans être censuré, un moyen de rester informer sur ce qu’il se passe contrairement à la télévision qui est contrôlée par les gouvernements et qui ne montre pas d’images de mobilisations ou de répressions.

D’ailleurs, d’après l’agence de relations publiques Spot On basée à Dubaï, sur 10.5 millions de Tunisiens, 3.6 millions sont connectés à internet. En Egypte ils sont  17 millions sur 80 millions d’habitants, c’est à dire 20% de la population, et 5 millions ont un compte Facebook c’est 5 fois plus qu’il y a 2 ans !

Les réseaux de télécommunications mobiles sont aussi très importants en Egypte selon les chiffres du gouvernement : plus de 56 millions de personnes possèdent un téléphone portable soit 70% de la population Egyptienne .

En Tunisie, selon sciences humaines on dénombre pas moins de 2 millions de comptes Facebook.

Ces chiffres témoignent bien de l’importance des moyens de communications au sein des sociétés égyptienne et tunisienne ce qui a surement joué en leur faveur pour faire chuter le régime plus rapidement, notamment à l’aide de page facebook comme « We are all Khaled Said » crée par Wael Ghonim que nous avons vu précédemment et qui regroupe pas moins de 914 000 personnes et ce chiffre peut encore augmenter de jours en jours, ou encore la page du mouvement du 6 avril.

Les médias utilisent le sentiment de la peur en détaillant les armes utilisés par les policiers pour éloigner les manifestants:  » des matraques, des pieds de chaises.. »; de la pitié en évoquant les violences faites aux femmes et aux enfants comme pour Hamza, 13 ans qui a été torturé à mort par les autorités syriennes; de l’indignation en décrivant les scènes d’horreur des manifestations et finir l’article avec des nouvelles du président Ben Ali pendant sa fuite en Arabie Saoudite.

Les révolutions arabes étudiés par Sophie KIDEN JURU et Selia HERVO-ACAR

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