Écrit en rapport avec Mode d'emploi 2014, ARTICLE, L'émotion et le chercheur

Le terme « émotion » est équivalent à la passion (pour Descartes) et à l’affect (pour Spinoza). Il vient du grec « Motus » qui désigne le mouvement.

D’après le neurologue portugais Antonio DAMASIO, il existe différents types d’émotions :

  • Les émotions primaires, dites universelles (peur, bonheur, tristesse, colère, surprise, dégoût…)
  • Les émotions sociales secondaires (embarras, jalousie, culpabilité, orgueil, ennui, mépris..)
  • Les émotions d’arrière plan : le bien être ou la mal être.

Il faut, de plus, distinguer l’émotion du sentiment. Ce dernier est la prise de conscience d’une émotion, d’une émotion visible. Elle, en effet, être rendue publique. On considère l’émotion comme un facteur primordial de l’apprentissage.

Un chercheur, quelqu’il soit, doit-il se laisser influencer par ses émotions ou peut-il en faire abstraction ?

Pour nous permettre de réponse à cette question, nous avons rencontré Samuel Lézé, chercheur anthropologue à l’ENS de Lyon. Il définit la science de l’anthropologie comme l’étude de l’être humain, de ses coutumes, normes et valeurs. L’anthropologie tente de définir l’humanité en faisant une synthèse des différentes sciences humaines et naturelles. Il s’agit d’observer les comportements, les émotions qu’elles soient positives ou négatives. Il étudie aussi les règles des sociétés et les fonctionnements des différents groupes sociaux composants ces sociétés.

Des émotions et des interprétations différentes selon le chercheur

 

Selon les anthropologues, un même travail de terrain peut entrainer une multitude de jugements. Le savoir doit être confronté au réel, et, en fonction des émotions, on perçoit, on ressent les évènements et les informations très différemment. Par exemple, lorsque que Margaret Mead s’est rendue en Polynésie, elle a interprété le fait que les femmes soient dénudées comme une forme d’ouverture sexuelle, de liberté sexuelles des femmes. Alors qu’un de ses confrères a une vision différente : il a ressenti une répulsion face à ce qu’il croyait être un mauvais traitement.

 Des émotions et interprétations différentes selon le lecteur

 

Les anthropologues, toujours lors d’études sur le terrain, doivent savoir taire leurs émotions. Par exemple, dans le cas dune immersion dans les hôpitaux, ils ne doivent pas faire transparaitre leur empathie ou leur compassion vis-à-vis du patient ou de sa famille. Ceci afin que les résultats de leurs recherches demeurent le plus objectif possible.

Cependant, lors de la publication des résultats, les lecteurs peuvent ressentir des émotions mais, qui seront différentes selon les individus. Le ressenti des résultats sera interprété différemment selon l’état d’esprit du lecteur mais aussi selon son milieu socio professionnel ou selon son histoire de vie.

 

L’émotion comme outil de communication

 

L’émotion est non seulement un objet de recherche, c’est aussi un élément sur lequel vont jouer les entreprises. Certaines grandes marques jouent sur la sensibilité, sur les émotions des consommateurs pour vendre leur produit. On va parler d’ « happyness studies » qui vont prendre en compte le plaisir des consommateurs dans l’acte d’achat et/ou de consommation. Elles cherchent à manipuler des émotions positives. Par exemple, la marque Coca Cola © a choisi comme slogan « Ouvre un Coca, ouvre du bonheur ».

 

En conclusion, nous pouvons dire, que l’émotion et le chercheur sont deux entités distinctes mais elles sont étroitement liées. Distinctes selon la science étudiée (comme la sociologie ou l’histoire) ou liées lorsqu’il s’agit de métiers nécessitant l’intervention des émotions (comme l’anthropologie

 

 

 

 

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