Écrit en rapport avec Mode d'emploi 2014, ARTICLE, Entretien autour de la peur

La relation prof-élève est un jeu d’influence dont peur et pouvoir sont les pions et les règles du jeu dictées par les émotions. Qui est le maître du jeu ?

 

Vers une définition subjective de la peur

La peur est une crainte, une inquiétude ressentie face à un danger, une situation présente ou à venir. La peur est une émotion d’anticipation. Elle informe l’organisme d’un danger potentiel. Son rôle est de nous protéger, plaçant notre corps en alerte. Les manifestations de la peur peuvent être très différentes d’un individu à l’autre. Pour certains, la peur stimule. Pour d’autres, elle paralyse et empêche toute réaction. Nous avons interviewé plusieurs professeurs et élèves afin de connaître différents points de vue. Dans cette interview, certains enseignants ont évoqué la notion de confiance, afin d’accompagner les élèves dans leur réflexion. Ils ont évoqué la curiosité intellectuelle et l’autorité bienveillante dans cette relation. Ces éléments de l’interview font aussi référence à la notion de crainte. Il y a plusieurs craintes : la crainte de juger un élève, la crainte que l’élève se sente trop à l’aise, ou celle du non-respect. Les élèves ont aussi donné leur avis sur cette relation en évoquant la peur de donner leur avis librement sans risquer une sanction de la part des professeurs dans la classe. Ces derniers ont aussi exprimé leur peur d’être « jugés », »humiliés ». Pour conclure, ils trouvent que la relation prof-élève est une relation compliquée dans laquelle le respect est essentiel. Le respect est, en théorie, réciproque mais, parfois, cette notion s’avère être unilatérale.

 

Prof vs élève : qui a le pouvoir ?

Le pouvoir est la capacité à influencer les choix d’un individu dans son intérêt. Sous toutes ses facettes, le pouvoir est surtout une capacité. En fonction de la puissance de la personne qui le possède, on peut observer une certaine intensité. Dans la relation prof-élève, le professeur détient le pouvoir. Il a, le pouvoir d’ouvrir la salle, de noter les élèves. On pourrait même aller jusqu’à dire qu’il a l’autorisation de renvoyer les élèves de son cours. Cette injustice est critiquée par les élèves. Ces derniers peuvent se réjouir d’une certaine faiblesse de l’enseignant : le prof ne peut pas frapper ses élèves. Les élèves ont un pouvoir moindre, une certaine liberté qui doit absolument rester raisonnable. Les professeurs souhaitent que les élèves leur montrent du respect. Ainsi, ils s’approprient un pouvoir dans lequel se mélangent les notions de respect et de pouvoir. Ils se permettent parfois de répondre, voire de ne pas assister au cours. Les enseignants constatent que les élèves sont de moins en moins disciplinés. Ils oublient la politesse, les raisons de leur présence. Cette présence finit par gêner les élèves eux-mêmes car ils préfèrent le loisir au travail et cherchent à s’amuser dans leur établissement puisqu’ils ne sont pas chez eux (rigolades, bavardages, utilisation du téléphone portable en cachette, etc.). Ils finissent par se croire chez eux, ce que l’administration leur reproche. Sous cet angle, les élèves prennent le pouvoir, à tel point que le règlement intérieur de l’établissement n’a plus lieu d’être. Le pouvoir engage des responsabilités. Dans une salle de classe, le pouvoir est partagé. Les élèves et les professeurs ont leur propre personnalité. L’enseignant a l’autorité. Il choisit seul le déroulement du cours. Il possède une autorité naturelle qui est légitime. Les élèves doivent respecter l’enseignant pour ses connaissances mais ce dernier peut se servir de ses connaissances pour manipuler les élèves. L’enseignant est en droit d’user de son autorité à condition d’en fournir l’explication. Dans le cas contraire, c’est un abus de pouvoir…

pouvoir

Le pouvoir… selon Geluck

 

 

L’abus de pouvoir ?

L’abus de pouvoir est considéré comme un dépassement des limites légales d’une fonction. Il dépend donc de ces limites, que chacun peut voir différemment. Dans un cadre scolaire, chaque professeur a des limites différentes de l’autre. Donc ce qui sera considéré comme abus de pouvoir chez l’un, ne le sera peut-être pas chez un autre. La présence de l’élève joue aussi sur ces limites. Le pouvoir est le moyen par lequel un professeur fait régner l’ordre dans une classe et garde une position dite supérieure à celle-ci. Lorsque ce pouvoir n’agit plus, de nouvelles méthodes sont utilisées par le professeur. Celles-ci sont alors rapidement appelées « abus de pouvoir » par les élèves car elles sont naturellement un cran au-dessus du pouvoir utilisé auparavant. Mais le professeur quant à lui ne fait qu’intensifier son autorité. Prenons l’exemple de la punition collective : la personne demandant le silence et n’arrivant pas à l’obtenir décide de punir tout le monde. Il s’agit là d’un acte considéré comme abus de pouvoir car des innocents sont punis. Mais pour d’autres, cela restera une punition quelconque car l’autorité a été dépassée et il faut ramener l’ordre.

Du dessinateur Na!  http://www.dessinateur.biz/blog

Un exemple d’abus de pouvoir ? D’après le dessinateur Na!

 

L’influence… une manifestation visible !

L’influence est un pouvoir social qui permet à une personne d’agir sur le cours des évènements. En général, plus l’individu a du pouvoir, plus les autres seront obligés d’écouter, par peur ! L’influence du groupe permet de modifier le comportement de l’individu. Ce comportement peut subir des transformations dans la manière d’être, d’agir ou de réagir. La peur de l’exclusion peut entrainer l’adaptation à l’autre.
Dans le cas précis où nous étudions la relation profs/élèves, nous parlerons plutôt d’un groupe classe ou d’un élève. La classe a plus d’influence sur l’élève. Le professeur peut d’ailleurs utiliser cette influence. Cet effet de groupe sur un élève peut permettre au professeur d’avoir plus d’emprise sur lui. Face à ses camarades, l’élève n’aura pas la même réaction que s’il se retrouvait, seul, face au professeur. Par exemple, si l’élève est sanctionné, il aura tendance à plus exprimer son mécontentement s’il se sent entouré et soutenu par l’ensemble de la classe.

8 Réponses à “La relation prof-élève : un jeu de domination”

  1. Léa

    Article intéressant dans l’ensemble mais un peu répétitif, nous avons l’impression de tourner en rond. En effet, le mot « pouvoir » revient trop fréquemment ce qui crée une certaine lourdeur.

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  2. Mottet Océane

    article très clair, on comprend assez bien les choses. Il reflète l’oponion de la plupart des élèves, et cela apporte a cet article une notion plus intéressante lors de la lecture

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  3. Tomatito

    Article interessant et enrichissant, le sujet est bien traité dans l’ensemble, l’idée des témoignages d’élèves est excellente.

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  4. Geo

    Bonjour,
    L’article est très intéressant dans son ensemble. Je suis actuellement en train de vouloir rédiger un mémoire de licence sur le sujet. C’est donc dans le cadre de la revue de littérature que je me suis lancé dans la recherche sur internet des écrits relatifs au sujet. J’aimerais entrer en contact avec vous si ça ne vous dérange pas.

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