Écrit en rapport avec Mode d'emploi 2014, ARTICLE, Réagir à chaud - le temps réel

Dans le cadre de la journée d’étude consacrée au gouvernement des émotions (Sciences Po Lyon), plusieurs classes ont publié leurs réflexions autour de la rencontre « Réagir à chaud« . Gérald Bronner, intervenant du festival, répond aux lycéens de René Cassin (Tarare).

Je ne peux me sentir qu’en accord avec cet article qui reprend une partie des conclusions auxquelles je parviens moi-même dans La démocratie des crédules. Ceci dit, le titre choisi par cet article « des médias peu fiables faudrait-il s’en passer ? » est lui-même assez révélateur du problème qu’il prétend révéler.

En effet, la suggestion qu’il nous fait de se « passer des médias » est évidemment très excessive, mais elle a été retenue pour le titre sans doute parce qu’elle est spectaculaire. On comprend que ce titre a pour but d’attirer l’attention. Et c’est précisément l’un des problèmes que rencontrent les médias conventionnels sur un marché de l’information dérégulée : comment survivre dans cette nouvelle économie de l’attention ? La pression concurrentielle qui s’exerce sur les médias les expose aux dérives qui sont bien décrites dans cet article. Pour autant, conclure qu’il vaudrait mieux se passer des médias nous conduirait vers des rivages dangereux. En focalisant notre attention sur les nombreuses erreurs de traitement de l’information dans les médias conventionnels, on oublie facilement la qualité générale que nous offrent ses médias par rapport à celle, cacophonique, que l’on peut retrouver par exemple sur Internet.

Cette simple constatation ne doit pas exonérer les professionnels de l’information que sont les journalistes de leur devoir de vérification de l’information (chose rendue toujours plus difficile par la rapidité de diffusion de cette information). Ils doivent en outre, plus que jamais, soumettre leur raisonnement aux fourches caudines de la pensée méthodique. Cette rigueur est plus importante encore aujourd’hui que par le passé étant donné cette cacophonie contemporaine car l’information, source de jugement des citoyens, est l’oxygène des démocraties.

Gérald Bronner

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