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Les médias nous mentent-ils ?

Nos recherches ont révélé que souvent ils orientent l’information pour défendre leur point de vue et nous influencer. Par exemple, le traitement médiatique de l’avion MH17 abattu en Ukraine le 17 juillet 2014 était largement partisan. La plupart des médias occidentaux ont accusé la Russie d’être responsable de ce crash alors que les médias russes ont accusé les séparatistes ukrainiens. En fonction de la ligne éditoriale du média, la même information est traitée différemment. Elle peut être dissimulée, orientée, ou sélectionnée pour conforter le parti pris. C’est ce que le lecteur ou consommateur dudit média recherche ou attend, ce que le sociologue français Gerald Bronner appelle le « biais de confirmation » dans la démocratie des crédules paru en 2013.

L’accès de plus en plus rapide aux informations conjugué à une concurrence de plus en plus accrue entre les médias nuisent au travail de vérification d’une information. Vérification qui demande temps et recul. Deux exigences en parfaite contradiction avec les attentes d’un lecteur/consommateur zappeur/surfeur toujours plus friand de scoops, scandales et polémiques.

La “peopolisation” de la vie politique en est l’exemple typique. La volonté de publier l’exclusivité par les médias favorise les raccourcis et les amalgames. L’été dernier, la presse « people » nous annonçait le mariage du président Hollande avec l’actrice Julie Gayet. Même si cette information est déclarée comme étant une rumeur, elle est néanmoins diffusée … Les médias ont notamment exploité son infidélité pour remettre en cause sa compétence à gouverner. En trahissant sa compagne, il serait capable de trahir le peuple français : c’est bien ce sentiment que les médias essaient de nous faire ressentir.

En effet, le registre des émotions est largement utilisé par les médias pour susciter l’attention et l’adhésion du lecteur. Les émotions les plus extrêmes étant les plus efficaces, les médias se jouent de nos peurs et de nos élans de solidarité. Ainsi pour deux avis contradictoires, un même ressort émotionnel peut être utilisé à des fins différentes. Pour le référendum écossais du 18 septembre 2014, chaque leader a utilisé la crainte (du changement ou au contraire du manque d’évolutions) et a appelé à la confiance, que ce soit pour amener les écossais à voter OUI ou à voter NON.

Le jeune vendeur tunisien à l'hôpital

Le jeune vendeur tunisien à l’hôpital

Parfois même une simple image, en suscitant un sentiment, peut, à elle seule, provoquer un formidable élan de solidarité international ou déclencher une révolution.La photo ci-dessous est un parfait exemple. Utilisée par plusieurs médias, notamment ici le Figaro, elle a pour but de susciter la pitié pour Mohamed Bouazizi, le jeune tunisien de 26 ans qui s’est immolé après s’être fait confisquer son étal de légumes. La présence du président à son chevet est peut-être volontaire afin de redorer son image, la révolution de jasmin qui a suivi devait effectivement le renverser.

Au final, devons nous nous fier aux médias ? Devons-nous nous couper de nos émotions ? Renoncer aux informations serait impensable, mieux vaut les appréhender avec vigilance et esprit critique !!

2 Réponses à “Des médias peu fiables … Faudrait-il s’en passer ?”

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