Écrit en rapport avec Mode d'emploi 2014, ARTICLE, Débats citoyens

Le 21 novembre dernier, des élèves ont pu assister suite à l’initiative du lycée Fauriel à une conférence assurée par Daniel Soulié, archéologue et historien au musée du Louvre. Cette intervention fut très enrichissante pour les élèves. En effet, durant son intervention il a montré comment des villes ou des quartiers « peu attractifs » ont réussi à devenir, grâce à des transformations d’espaces ou de bâtiments « désaffectés » ou « malfamés », des sites incontournable mais pas forcément grâce à ce qu’ils contiennent.

 

De l’oubli à la consécration

Le premier exemple que l’on peut citer est le Musée Guggenheim de la ville de Bilbao (Espagne). En effet, dans les années 70 la ville avait une place très importante dans l’industrie notamment grâce à son port. Malheureusement la crise économique dans les années 80 va plonger la ville dans le chômage et elle va devenir « délaissée ». Mais un musée d’art moderne et contemporain, destiné à relancer l’économie va voir le jour grâce à l’aide du musée Guggenheim de New York. Ce qui va extrêmement bien marcher, le musée reçoit plus d’un million de visiteur par an. Une aubaine pour relancer l’économie de la ville, devenu un carrefour incontournable dans le pays basque espagnol. Cependant un problème persiste, en effet l’architecte Gehry va donner une forme tellement particulière au bâtiment  que la plupart des personnes s’intéressent plus à l’aspect extérieur du musée et sont incapables de se souvenir de ce qui est exposé à l’intérieur.

 

Du ghetto au symbole

Bilbao n’est pas un cas à part, il existe d’autres preuves de l’impact social et urbain d’un musée. Le musée juif de Berlin en est le parfait exemple. Il est implanté dans le quartier du Kreuzberg, ravagé par la guerre, symbole de la pauvreté et de l’immigration, à environ 600 mètres du palais gouvernemental. Pour faire de ce quartier un beau quartier il fallait implanter un musée. Dans ce lieu « contaminé par la mémoire », non loin de l’ancien quartier général de la Gestapo, intégrer un musée juif était la meilleure solution. Cela va se confirmer avec un chiffre de plus de 700 000 visiteurs par ans. En plus du bâtiment de base (tribunal du XVIIIème siècle) un nouveau a été construit avec une architecture très particulière. Etant donné le fait qu’il n’y avait pas de structure d’urbanisme il était nécessaire que le bâtiment soit original : l’architecte américain Liebeskind a fait le choix de représenter une étoile de David (symbole juif, image ci-dessus) décomposée. Le problème est malheureusement le même qu’à Bilbao car l’architecture est tellement imposante que les visiteurs sont davantage intéressés par l’extérieur que par l’intérieur qui est pourtant chargé d’histoire. Ce phénomène a tout de même contribué à revitaliser ce quartier à nouveau central dans Berlin réunifiée. La capitale de l’Allemagne fédérale est d’ailleurs passée de la 18eme destination touristique mondiale dans les années 80 à la 3eme aujourd’hui.

Article rédigé par Corentin Merotto.

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