Écrit en rapport avec Mode d'emploi 2014, ARTICLE, Entretien autour de la peur

A toutes heures, les informations en boucle sur les écrans de télévisions diffusent des images choquantes sur un ton inquiétant pour tenir le spectateur en haleine. Tous les prétextes sont bons pour faire de l’audience quitte à exagérer les faits réels pour capter l’attention du plus grand nombre. Nous verrons donc grâce à quels mécanismes ces médias véhiculent la peur à travers les journaux d’informations ainsi que la publicité.

  • Les journaux d’informations sont en effet des programmes qui sont experts pour dramatiser les faits. On peut le voir tous les jours dans les sommaires de l’actualité avec des titres chocs. Cette peur est accentuée par le ton inquiétant comme nous l’avons dit précédemment, ainsi que par les bandes sonores en début d’émissions. Par exemple, le générique du journal télévisé de 20 heures de TF1 est tiré de la bande originale du film « Les dents de la mer ». En vérité, une partie a été arrangée avec différents effets et elle a été ralentie, ce qui la rend moins reconnaissable. Étant donné que « Les dents de la mer » est un film à sensation dans lequel des requins tuent des humains, cela renforce la gravité des informations.
  • Les journaux tiennent en haleine le spectateur par la peur. Lors du sommaire des journaux télévisés, on voit souvent des images inquiétantes comme ces dernières semaines avec les médecins en combinaison de protection contre Ebola. En voyant ces images le spectateur a presque l’impression que la maladie frappe à sa porte et est donc plus réceptif à la menace. De plus se rajoute à ces images celles d’attentats comme au Canada ou celles de la guerre civile syrienne.
    Les informations sont souvent présentées par des journalistes en habits sombres qui emploient généralement un ton grave, principalement lorsqu’ils parlent d’événements importants.
    Si les journaux utilisent tant la peur c’est pour donner une réponse à un phénomène de société, le besoin de sensations fortes, pour faire vibrer le spectateur.
    Tout les ans, le 11 septembre, on peut voir des reportages ou des commémorations sur l’attentat qui a eu lieu au World Trade Center en 2001. Ce processus permet d’entretenir la peur chez le spectateur, et ainsi de rappeler qui sont les ennemis, de qui faut-il se protéger. Pourquoi parle-t-on moins de la guerre en Syrie ? Parce qu’un énorme coup de publicité a eu lieu autour de l’évènement. Les médias sont toujours là pour amplifier les phénomènes, ce fut la même chose avec la prétendue fin du monde prévu en 2012. Ainsi des centaines de films ont été tournés.
  • La publicité, encore plus que les médias, manipule les informations à sa guise. En effet, contrairement aux journalistes d’informations,les publicistes ne sont pas obligés de parler de l’information récente. Ils peuvent donc beaucoup plus travailler leur sujet. De plus, le court format de la publicité permet de réfléchir à chaque seconde de celle-ci. Comme les publicités sont diffusées toujours entre les programmes, les concepteurs redoublent de stratagèmes pour garder en haleine le public. Certains utilisent l’humour et d’autres préfèrent utiliser la peur pour arriver à leur fin, car elle capte plus facilement l’attention des spectateurs.
    Les publicités qui effraient les spectateurs sont très utilisées dans les états diffusant une propagande. Le but est d’angoisser les populations pour rendre un parti, ou un groupe de personnes indispensables à la bonne survie du peuple.

Dans cette publicité de Coca-Cola, le but est de rendre mal à l’aise le spectateur avant de le rassurer avec des belles pensés . Ce processus, encore une fois, embellit le produit, le rend indispensable: http://www.youtube.com/watch?v=sJuzl4-ppqM

En ce qui concerne le contenu…
«Les adolescents et les adultes qui sont de grands consommateurs de médias peuvent être atteints de ce qu’on appelle le « syndrome du grand méchant monde », qui mène à une plus grande crainte de la criminalité et à une méfiance envers les autres.» nous dit l’article publié sur le site HabiloMédia. Mais comment cette peur est-elle véhiculée par les médias?

Cette vidéo illustre bien la communication de la peur par les médias: http://www.youtube.com/watch?v=V6N-6wA5fZk

  •  -La Délinquance
    De nombreuses émissions, diffusées quotidiennement sur des chaînes à forte audience, nous alertent contre la délinquance. Elles suivent et nous montrent le parcours des forces de l’ordre, le plus souvent dans les villes. Ces brigades traquent les délinquants, et plus particulièrement les jeunes. La récurrence de ce genre d’émissions amplifie le phénomène, et contribue à convaincre les populations que la criminalité est très fréquente.
    On peut citer les trois principaux exemples de ce genre d’émissions : 90′ Enquête sur TMC, Enquête d’action sur W9 et Appels d’urgence sur TF1.
  • Mais la délinquance est-elle aussi présente que l’on veut nous le faire croire ? Mathieu Zagrodzki, docteur en sciences politiques, a publié un article sur le site internet iPhilo, où il remet en cause la fiabilité des chiffres donnés sur la délinquance en France. Il analyse les méthodes de mesure de la délinquance, notamment « l’index 4001 », qui regroupe tous les crimes et délits constatés. Selon lui, les chiffres ne révèlent pas la réalité de la délinquance en France ; ils ne l’amplifient pas ni ne la minimisent, mais ne reflètent pas non plus la « menace » réelle, puisqu’ils ne prennent pas en compte la gravité des crimes ni la subjectivité des témoignages sur lesquels ils peuvent s’appuyer.
    Ainsi «Marseille, perçue comme la capitale française du règlement de compte, n’a connu que 17 faits de ce type en 2013. Aux États-Unis, la ville de Jacksonville, de taille analogue à la métropole provençale, a vu 115 personnes décéder en 2013 suite à un homicide volontaire…» comme il est dit dans l’article de Mathieu Zagrovski.
  • L’image de la délinquance diffusée par les médias n’est donc pas vraiment fiable, mais c’est pourtant celle que les gens retiendront. En effet, ces émissions sont accessibles, largement diffusées grâce à leur support (la télévision et les chaînes à forte audience), et sont instrumentalisées de façon à nous persuader de l’insécurité ambiante.
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    « Peace Over Terrorism »

  • – Le Terrorisme
    Le terrorisme, par l’essence même du terme, est l’ « Ensemble d’actes de violence (attentats, prises d’otages, etc.) commis par une organisation pour créer un climat d’insécurité, pour exercer une influence sur un gouvernement, pour satisfaire une haine à l’égard d’une communauté, d’un pays, d’un système. » d’après le dictionnaireLarousse. C’est l’emploi systématique de la violence pour impressionner, instaurer un climat d’insécurité donc un impact psychologique généralisé. Le terrorisme c’est la violence des autres d’après PierreDabezies dansl’EncyclopaediaUniversalis. Un genre de chantage par la peur. Après ce chantage par la peur de groupes, d’états parfois, provient le « chantage » au sein des pays victimes. Un autre genre de démarchage par la peur, comme par exemple le « Patriot Act » des États-Unis d’Amérique, qui, sous couvert du fameux « si vous n’avez rien à vous reprocher, vous n’avez rien à cacher! » à permis au gouvernement des USA de surveiller le peuple étasunien et de renforcer les lois (que certains qualifient de liberticides) qui parfois le concernaient. Au personnes de réfléchir, maintenant, sur la portée de ces lois, leur utilité… Et leurs abus.
  • -Les Maladies
    Certaines images diffusées par les journaux télévisés nationaux entretiennent non seulement la peur mais aussi la paranoïa envers Ebola. Ils se veulent rassurant dans leur propos qu’ils diffusent sur un fond d’images plus ou moins choquantes où l’on retrouve des hommes en combinaisons dignes de catastrophes nucléaires:
    Une journaliste américaine de retour d’Afrique, témoigne: « Je suis triste de voir ce niveau d’hystérie, cette absence de pensée rationnelle, qui font oublier que la seule façon d’éviter une épidémie en Amérique du Nord, c’est d’arrêter celle dans l’ouest de l’Afrique. »

 

Un Réponse à “Dans quelle mesure les médias cultivent-ils la peur ?”

  1. Thibault RODRIGUE

    Bonjour,

    Je suis actuellement en école de journalisme, et j’aurais aimé poser quelques questions à la personne qui a écrit cet article dans le cadre de mon mémoire. Merci d’avance pour votre réponse

    Cordialement,

    Thibault Rodrigue

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