Écrit en rapport avec Mode d'emploi 2014, ARTICLE, Du commun au collectif

La question du monde commun est d’actualité : elle est écologique, politique, morale. Comment le construire ?

  • Qu’appelle-t-on monde commun ?

La philosophe Hannah Arendt en donne une définition : « le monde commun est ce qui nous accueille à notre naissance, ce que nous laissons derrière nous en mourant » Le monde commun est donc ce qui ne nous appartient pas, que nous habitons provisoirement.

  • La pluralité des mondes

Mais notre expérience quotidienne est celle du partage de ce monde, de son morcèlement : nous habitons des mondes plutôt qu’un monde. Qu’y a t-il de commun entre nous et un Aborigène ?

Peinture aborigène sur écorce de 1915 représentant un ancêtre totémique kangourou

Peinture aborigène sur écorce de 1915

Amedeo Modigliani, Portrait de Picasso, 1915

Amedeo Modigliani, Portrait de Picasso, 1915

Nous partageons peut-être le même monde mais nous sommes si différents dans les cultures que nous portons que nous l’oublions et n’en sommes plus conscients. Pourquoi ? D’abord notre expérience première est bien celle de la pluralité des mondes. Ce sont d’abord les différences que l’on observe plus que les proximités. Mais surtout peut-être parce que, comme le dit le sociologue Bruno Latour, « il n’y a pas de monde commun : il faut le composer ». Le monde commun n’est pas donné mais doit être construit : mais lequel ?

Peinture de Brueghel l'Ancien, la Tour de Babel

Brueghel l’Ancien, la construction de la tour de Babel

 

 

 

  • Quel monde voulons-nous ? quel commun ?

Le problème alors est de savoir quel monde nous voulons ? S’agit-il du monde commun de la globalisation qui abolit toutes les différences dans une identité culturelle assez pauvre (celle du globish) ? Ou bien du repli identitaire dangereux qui ne voit plus que les différences ?

Ou bien de penser cette appartenance collective à une Terre dont nous ne sommes que les locataires provisoires mais que nous pouvons chacun marquer d’une belle empreinte, grâce à la richesse de nos cultures ? Ainsi, nous devons faire advenir un monde commun, en acceptant que chaque « composition du monde » selon le titre de l’anthropologue Philippe Descola ait une place juste et en laissant de la place aux mondes à venir. Est-ce possible ?

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