Critique : Le Clou, Zhang Yueran – 1ère HLP – Lycée Jacques Brel, Vénissieux

Ceci est une publication. Par l'équipe des médiations

Projet : Graines de critiques littéraires / AIR Lycées


Biographie de Zhang Yueran

Zhang Yueran © LI Jinpeng

Née en 1982, Zhang Yueran est une femme de lettres singulière de la littérature chinoise actuelle. Elle fait partie de la première génération des enfants uniques en Chine. Après un doctorat en littérature chinoise, elle enseigne à la Renmin University of China et, depuis 2008, elle est la rédactrice en chef de la revue littéraire Newriting. Elle est une grande admiratrice du chef d’œuvre de Flaubert, Madame Bovary qui lui donne un sentiment de liberté.

Paru en 2016 en Chine et vendu à plus de 100 000 exemplaires, le roman Le Clou est son premier livre à être traduit et publié en français. Dans cette œuvre,  Zhang Yueran veut faire découvrir aux jeunes générations la période des années 60, marquée par la révolution culturelle. C’est aussi un roman moderne, qui parle d’une société devenue plus urbanisée et plus individualiste, alors que la littérature des générations précédentes était davantage centrée sur des principes traditionnels et familiaux notamment.

Critique

De prime abord, on peut être découragé par l’épaisseur du roman. Dans un second temps, on a l’impression que l’histoire ne démarre pas, ce qui installe un sentiment d’ennui. Pourtant, Le Clou est un titre énigmatique qui pousse le lecteur à en savoir plus. Le récit se présente comme un dialogue entre deux êtres hantés par les fantômes du passé. Li Jiaqi et Cheng Gong se retrouvent un soir de tempête après plusieurs décennies sans s’être vus.

Qui peut imaginer le pouvoir destructeur d’un simple clou ? La 1ère HLP du Lycée Jacques Brel de Vénissieux après avoir lu roman de Zhang Yueran, Le Clou. © Pixabay

Tour à tour, chaque personnage dévoile des morceaux de sa vie à l’autre, comme des lettres échangées. L’histoire de Cheng Gong est centrée autour de son grand-père, Cheng Shouyi, qui a été plongé dans le coma par des criminels. Cheng Gong tente d’ailleurs de trouver les auteurs de ce forfait. Pour ce faire, il essaie de fabriquer un drôle d’appareil pour communiquer avec son grand-père, un talkie-walkie de l’âme. Bientôt, le lecteur découvrira que le grand-père de Li Jiaqi n’est pas étranger à cette affaire, sur fond de révolution culturelle chinoise dans les années 60-70. Les récits s’enchaînent de manière précise et détaillée, mais distanciée, ils paraissent incomplets, sans vie. Les protagonistes sont à la fois acteurs et spectateurs de leurs vies, ils sont comme englués, ralentis par le poids d’un héritage non désiré. Et néanmoins, on se sent happé par leur histoire, avide, et en même temps coupable de vouloir savoir comment ils en sont arrivés là, pourquoi ils semblent  si vides… Peu à peu, Zhang Yueran nous plonge au cœur des pensées de cette femme et de cet homme, au plus près de leurs secrets de famille. Elle nous entraîne dans la réalité de ces personnages, passée et présente, jusqu’à nous révéler, comme on l’espérait, le clou de leur histoire commune. 

 

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