Écrit en rapport avec Mode d'emploi 2014, RESSOURCES, Pourquoi la philosophie raconte-t-elle des histoires ?

l'anneau de GygesHanna et Sophie

L’anneau de Gygès – Platon

 

Par ce mythe, Platon présente un berger s’emparant d’un anneau d’or sans aucune conscience des pouvoirs de cet anneau ce qui insiste d’abord sur l’innocence de l’Homme. En effet, il tente de démontrer l’impact que peut avoir l’obtention d’un certain pouvoir sur l’humanité, ici c’est du pouvoir d’invisibilité dont il est question.

Pour cela, Platon raconte l’histoire de ce fameux berger qui, en s’appropriant cet anneau d’or, devient invisible lorsqu’il le porte au doigt. Sachant que les crimes qui pourront être commis ne seront jamais punis car on ne pourra jamais dire qui en est responsable. Le berger prudent, qui vit en société se donne le pouvoir de commettre l’injustice impunément puisqu’il ne sera pas jugé pour ses actes. Ce qui l’intéresse ce n’est pas l’injustice, mais les richesses qu’il peut en tirer. Il ira jusqu’à enfreindre les limites de la vie et tuer pour obtenir le pouvoir et les richesses qu’il engendre. De même que l’invisibilité peut mener à l’injustice, de même les crimes ont le pouvoir de rester impunis. Tant que les Hommes savent que les répercussions n’auront pas d’impact sur eux, ils s’autorisent à faire le mal, à être injuste. Le mythe suggère une généralisation.

Dans l’ordre de la nature, il est bon de commettre l’injustice et mauvais d’en être la victime. Donc, presque personne ne fait le choix d’être juste volontairement, car certaines personnes peuvent être justes par volonté, et non car elles sont contraintes. Mais on peut douter que ce soit une vérité définitive et confirmée puisque chaque individu est différent.

On peut parfois penser que si les lois n’existaient pas, nul ne serait juste et intègre volontairement, car la plupart du temps, nous faisons ce que la justice nous contraint de faire et non ce que nous voulons faire. Ce n’est donc pas une liberté d’action mais plus une contrainte pour ne pas devenir hors la loi. Le berger, sachant que même s’il ne respecte pas la justice, ne sera jamais puni, fait ressortir sa vraie personnalité et il n’est donc pas bon volontairement.

Nous pouvons constater dans l’extrait de l’anneau de Gygès que nous avons analysé, qu’il y a un réel but, celui de convaincre l’Homme pour le guider sur un chemin moral. Certains philosophes comme Socrate ont raconté des histoires pour illustrer un message qu’ils veulent faire passer. En racontant des histoires, le philosophe pousse le lecteur à raisonner, à différencier le bien du mal, le juste de l’injuste, et le pousse également à ne pas reproduire les erreurs du passé. Il cherche à provoquer l’amendement de la conduite humaine.

Ici c’est l’accès malhonnête au pouvoir grâce à une injustice qui est critiqué. Nous pouvons bien sûr nous interroger sur la conceptualisation : peut être que ce moyen, au lieu de permettre un accès indirect au message du philosophe, induit le lecteur en erreur. Nous pouvons également nous demander si parfois le philosophe ne raconte pas des histoires dans le seul but de divertir.

 

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