Écrit en rapport avec Mode d'emploi 2014, RESSOURCES, Pourquoi la philosophie raconte-t-elle des histoires ?

Alisson, Meyline, Jennifer

Le mythe d’Aristophane

 

Dans le mythe d’Aristophane, Platon explique que l’humanité primitive comprenait trois genres : l’homme, la femme et l’androgyne. Ces êtres étaient parfaits, tout-puissants, pareils à leurs créateurs.

Cette perfection engendre l’orgueil des êtres et les mène à leur propre destruction. A force de désirer trop de choses, on finit par se détruire à cause du manque et  de l’envie. De plus, les êtres conscients de leur puissance deviennent narcissiques et se croient capables de se confronter à leurs créateurs.

En effet, en voulant s’attaquer à leurs créateurs, ces derniers, jaloux de leur puissance décident de les punir : les êtres primitifs sont scindés en deux afin d’être plus vulnérables.

Une fois séparé de sa moitié, chaque être ressent un manque de son âme sœur. C’est-à-dire qu’il ressent de nombreux sentiments lorsqu’il voit et pense à la personne avec qu’il était auparavant. De ce fait, il ressent son absence et son besoin. Les êtres cherchent leur moitié. Ils doivent donc trouver leur complémentarité. On peut reconnaître dans ce moment de l’histoire une image du sentiment d’incomplétude : chaque personne se sent finie, limitée et rêve d’un être plus parfait qui serait reconstituable par l’alliance avec un autre.

Désespérés, les humains scindés en deux se laissent mourir de faim et restent inactifs quand ils se retrouvent. Le bonheur de reconstituer l’unité primitive les amène à se « fondre » l’un dans l’autre, mais c’est au risque de mourir. Une relation fusionnelle est-elle mortifère ?

Zeus ayant pris pitié pour eux, décide alors de leurs donner des organes, c’est le début des relations amoureuses et des différentes sexualités humaines. En effet, chaque être assouvit ses besoins avec la personne ayant partagé son corps et son âme, qu’il soit un homme ou une femme.

Une fois les couples rassemblés, ils ne veulent plus être séparés. Héphaïstos leur propose de les rassembler dans un être.

Dans son mythe, Aristophane expose le fait que si une femme ou un homme commet aujourd’hui l’adultère, c’est parce que celui-ci descend des androgynes. Si une femme ou un homme commet l’adultère c’est parce que sa moitié n’est plus disponible (soit elle morte, soit elle est introuvable) Mais si une femme est attirée par une autre femme et inversement pour l’homme, c’est parce qu’ils descendent des êtres ayant été assemblés avec une autre personne de même sexe.

 

La philosophie nous raconte cette histoire pour essayer de cerner le désir sexuel, son sens. Cette histoire suggère que le désir de s’unir à un autre émane de la nostalgie d’une puissance perdue, d’une complétude perdue qui nous aurait caractérisés à un moment (vie intra-utérine, petite enfance?). Elle nous raconte des histoires afin de mieux nous comprendre nous mêmes, qui sommes tous différents car différents à l’origine.

Le mythe explique la manière dont les hommes se sont retrouvés à l’état actuel, c’est-à-dire la façon dont nous sommes aujourd’hui : il se trouve que si nous ne sommes qu’un être simple, c’est que le fantasme de la toute puissance ou de l’autosuffisance « gouverne » la sexualité et s’exprime très fortement dans la sexualité. Il nous apprend également que les hommes sont faits pour être ensemble : ils doivent ressentir des sentiments amoureux  pour les uns ou pour les autres. Les humains sont faits pour se désirer et ressentir un manque s’ils doivent se retrouver séparés.

Si la philosophie raconte des histoires, c’est pour nous permettre de connaître nos origines, ou plutôt de nous interroger sur nos origines, de comprendre pourquoi nous sommes faits ainsi. Elle sert à nous expliquer notre entourage, la société dans laquelle nous vivons. La philosophie sert donc à travers une histoire à définir nos personnalités, nos origines, nos caractéristiques et notre société.

 

Naëlle, Terry et Lydia

Le mythe d’Aristophane

 

 

Au départ, selon Platon, nous étions des êtres complets, parfaits, circulaires, avec quatre jambes et quatre bras, et deux visages formant une seule tête. Une autre différence par rapport à l’état actuel de l’homme est qu’il existait trois genres : le mâle, la femelle, et l’androgyne- à la fois homme et femme. Cet état physique peut être considéré comme un état de plénitude passé de l’homme, une perfection et une position de toute puissance. Cette toute-puissance a conduit les hommes à un excès d’orgueil les menant à vouloir affronter les dieux. Mais les dieux, dirigés par Zeus, nous ont punis, nous les hommes. Néanmoins, les Dieux ne voulaient pas totalement annihiler le genre humain, car cela aurait signifié qu’ils ne recevraient plus d’offrandes d’aucune forme. Ils punirent alors les hommes par une séparation des corps, ce qui de plus leur apportait des offrandes en encore plus grande quantité. De cette division des êtres auparavant complets naît le désir ; le désir pour l’autre. En effet, Zeus divisa les hommes en deux êtres nouveaux possédant chacun deux membres supérieurs et inférieurs, et demanda à Apollon de les façonner afin qu’ils ressemblent à ce à quoi l’on ressemble aujourd’hui. Par l’engendrement du désir de la partie qui nous manque, les dieux avaient pour but de nous rendre, nous les hommes, plus faibles. Mais le dédoublement des êtres parfaits qu’étaient les hommes à leur origine, ajouté au fait que le désir est insatiable, les faisait désirer leur moitié, l’être qui leur était complémentaire, et désirer la reconstitution de leur unité première. Tombant dans les bras l’une de l’autre, les moitiés se laissaient mourir de l’insatisfaction de ce désir. Les dieux tournèrent alors l’organe reproductif des hommes- notre organe reproductif – à l’avant des corps, pour leur propre intérêt et celui des hommes également, car l’espèce s’éteignait, leur union physique étant vaine et insatisfaisante. Pour permettre une satisfaction bien qu’éphémère du désir, les Dieux créèrent la sexualité et la reproduction. Ce que Platon nomme amour inné des hommes les uns pour les autres date de cette période lointaine. Celui-ci permet aux hommes de ne former qu’un être, ou du moins d’essayer de n’en former qu’un seul. Étant tous une partie d’être humain, ce à quoi nous sommes voués est la recherche de notre autre moitié, notre moitié complémentaire, qui aujourd’hui pourrait correspondre au terme d’ « âme sœur ». Platon explique, comme cela, que du fait que l’on soit une partie d’être dédoublé, les fractions d’humains appartenant au genre androgyne d’antan forment ensemble, une fois réunis, ce que l’on appellerait aujourd’hui les couples « hétérosexuels ». De même, les fractions provenant du genre femelle constitué de deux femmes avant la séparation des corps par les dieux se recherchent constamment, ainsi que les mâles provenant du genre antique mâle sont à la quête les uns des autres et se désirent mutuellement. Platon explique alors l’homosexualité, lui donne une justification de sorte à la légitimer; il désigne les hommes s’aimant entre eux comme les plus virils des êtres, pudiques et essentiels au bon fonctionnement de la société puisqu’ils pratiquent la politique. Ces êtres se désirent tellement, selon Platon, qu’ils ne supportent pas d’être détachés l’un de l’autre, car ils sont animés d’un sentiment fort : celui de l’amour. Platon illustre ici le mystère de l’Amour, puissant par ses effets, puisque les gens qui s’aiment, peu importe leurs sexes, ainsi que ceux qui sont témoins de leur relation, ne peuvent croire que la passion amoureuse soit le seul motif de leur empressement à vivre côte à côte : cette raison est le désir d’être réunis de nouveau, inexprimable autrement que par l’union physique et sexuelle de deux corps qui s’aiment. En effet, l’exemple d’Héphaïstos qui demande à deux hommes qui s’aiment et ont des relations sexuelles si ceux-là même veulent ne refaire plus qu’un comme jadis illustre la possibilité du soulagement de la réalisation du but ultime humain : s’unir de nouveau avec son complémentaire, son âme sœur, de sorte à ne plus jamais se quitter, même aux enfers.

 

A travers ce mythe, Platon, par l’intermédiaire d’Aristophane, explique l’origine du désir amoureux, légitime l’homosexualité et explique son origine, et enseigne l’importance de la piété et le respect de la puissance des dieux, qui, négligée par les hommes orgueilleux, a conduit ces derniers à leur perte. Dans ce mythe de l’« androgyne », Platon expose la réminiscence de notre antique nature- parfaite et complète- qui est le fait d’éprouver un désir sans savoir quel est l’objet de celui-ci, l’« objet » susceptible de combler ce désir. On retrouve, par l’Amour, une illusion de la plénitude d’antan. On entreverrait alors les prémices d’une satisfaction possible pour trouver notre état complet dès que l’on rencontre notre « âme sœur ». Le plaisir -qui n’est, néanmoins, pas la finalité ultime du désir- a au moins l’avantage d’accorder des moments de répit au désir. La satisfaction du désir pour l’autre peut correspondre à une consolation éphémère, car le but du désir est la « ré-acquisition » de la plénitude, la création de la perfection de la nature originelle -mais perdue- des hommes.

 

 

 

http://philosophie.initiation.cours.over-blog.com/article-sur-l-origine-de-l-amour-selon-platon-48025000.html

 

http://www.philolog.fr/le-mythe-de-landrogyne-commentaire/

 

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