Écrit en rapport avec Mode d'emploi 2014, RESSOURCES, Pourquoi la philosophie raconte-t-elle des histoires ?

 

Sana, Anna et Tom

LE MYTHE DU JUGEMENT DERNIER

 

Fra Angelica, tempera du jugement dernier 

Dans le mythe du Jugement Dernier, on observe de Socrate une référence aux Dieux, ainsi qu’à la justice et à la place de celle-ci lors d’un jugement. Le problème posé est celui de l’apparence lors du jugement. Elle peut être trompeuse et donc induire en erreur celui qui émet un jugement, notamment un être humain, influençable par ses sentiments. C’est pourquoi, ce mythe que Socrate « tien[t] pour histoire vraie » ( 523a  ), raconte alors l’histoire qui se situe lors «  du Temps de Cronos » ( père de Zeus notamment ) et qui expliquerait les caractéristiques du jugement des Dieux et comment Zeus a décidé de juger les Hommes d’une certaine manière.
C’est ainsi qu’on apprend que l’Homme qui auparavant était jugé avant sa mort et par des vivants doit maintenant être jugé dévêtu de tout ornement afin de ne tromper personne par l’apparence.  Prométhée s’abstient d’informer les Hommes de l’heure de leur mort  afin qu’ils ne la prévoient pas et leur ôte ainsi une information primordiale. Le juge ne doit juger après la mort de l’Homme que l’âme seule et avec sa propre âme ( « aussi nu et mort » ) sans aucune tromperie pour affecter le jugement qui doit être rendu . Le jugement sera alors fait par les fils de Zeus dans la prairie qui mène soit par le chemin de droite aux îles Fortunées, soit au Tartare ( Paradis et Enfer ).

Par analogie, nous pouvons comprendre que les Hommes ne peuvent se juger entre eux par manque d’objectivité, que certains sont persuasifs par leurs « ornements » ( richesses, talents oratoires… ) et d’autre naïfs et donc qu’ils jugent par ce qu’ils voient, qu’on appellerait en langage courant de ‘la poudre aux yeux ‘. Pour pouvoir rendre alors un jugement juste et qui serait adapté au véritable comportement du jugé, il faudrait se focaliser sur l’âme ainsi que le vécu du jugé et non sur ce qu’il possède, ce que les autres pensent de lui et enfin ce à quoi il ressemble, faits trompeurs et superficiels. Cependant, on comprend par le fait que ce ne soit que les Dieux qui puissent juger les Hommes que pour un être humain faire abstraction de tous ces faits relèverait de l’impossible du fait de sa sensibilité et de son esprit porté par ce qui impressionne les yeux plutôt que la réalité des faits. L’Homme est alors tellement influençable qu’il faudrait une objectivité parfaite afin de pouvoir rendre un jugement juste.

L’apparence dans le jugement est considérée comme quelque chose pouvant tromper les Hommes, mais ne conduisant pas à la sérénité. Si la personne possédant le plus de biens et sachant utiliser le discours de la meilleure façon se trouve faire preuve d’immoralité et se révèle avoir commis de nombreuses mauvaises actions dans sa vie, elle ne sera pas excusée par les fils de Zeus et ira directement en Enfer. Il faut donc savoir faire preuve d’objectivité avec soi même afin de comprendre que si nos actes ne sont pas à la hauteur de nos ornements, ceux-ci ne valent rien et ne sont que des artifices face à la culpabilité qui peut nous ronger en notre intérieur.

 

 

Socrate, dans le mythe du jugement dernier, veut donc faire comprendre aux lecteurs que tous les actes sont déterminants, aussi bien dans la vie lors d’un jugement pour répondre de nos actes que dans la mort où nous serons jugés pour tout une vie passée. Il est donc important d’avoir une existence des plus justes, de ne pas commettre de fautes pour acquérir des biens et de ne pas tricher.

Socrate veut montrer la toute puissance des juges qui doivent faire preuve de discernement pour repérer les bons des mauvais et faire abstraction de la situation sociale dans laquelle ils se trouvent. Implicitement Socrate veut montrer le vrai travail des juges qui consiste à discerner le vrai du faux et à ne pas condamner à tort des innocents. Socrate veut également dire que même si des coupables arrivent à se faire passer pour justes durant leur vie grâce à l’usage de leur bon langage, ce ne sera pas le cas une fois devant le fils de Zeus qui fera abstraction de la situation sociale et du langage. Tout le monde est rattrapé par ses actes, ce n’est qu’une question de temps : certains seront punis de leur vivant par les juges et d’autres à leur mort ce qui est encore pire car la peine sera pour l’éternité ( Le Tartare). Quant à ceux condamnés de leur vivant à tort par les juges, ils seront sauvés à leur mort et iront sur l’île des Bienheureux car leur âme est pure. C’est une manière pour Socrate de faire comprendre que mémé s’il est mal jugé par les hommes il sera bien jugé par les dieux et obtiendra gain de cause : le jugement des hommes ne fait donc pas peur à Socrate convaincu de son innocence il sera récompensé à sa mort par les dieux en allant sur l’ile des bienheureux.

L’usage du mythe doit ici conduire à une réforme de la conduite humaine : il a une portée éthique et son efficacité n’est pas de l’ordre de la connaissance mais de la conduite de la vie. A défaut de démontrer qu’il est préférable d’être juste plutôt qu’injuste dans la vie, Socrate expose de manière frappante les effets de la justice et de l’injustice dans la vie post-mortem.

 

 

Julia et Marion Le mythe du jugement dernier

le jugement dernier

Dans un extrait de Gorgias, Socrate nous raconte le jugement des morts depuis son commencement jusqu’à nos jours :

 

Au temps de Cronos, les hommes qui allaient mourir étaient jugés par des vivants avant d’aller dans le Tartare ou dans les Iles des Bienheureux, mais beaucoup n’étaient pas envoyés là où l’avaient mérité. Ce fut ensuite au tour de Zeus de régner sur les autres dieux, il découvrit ces injustices et décida d’y mettre un terme. Tout d’abord, il ôta aux hommes la connaissance de l’heure de leur mort pour qu’ils soient prêts en permanence pour l’instant fatidique. Ensuite, les morts seraient jugés nus pour que seule la vérité puisse être révélée, sans artifice possible de leur part (artifices représentés par les vêtements). Enfin, les juges seront trois fils de Zeus : Minos, Rhadamanthe et Eaque. Rhadamanthe se doit de juger les morts d’Asie, Eaque doit juger ceux d’Europe, et Minos doit se prononcer en dernier recours si les deux autres doutent. Ces trois conditions réunies assurent une parfaite justice La parfaite justice dont parle ce mythe est une justice qui jugerait tous les hommes de la même façon, sans artifice qui peuvent altérer l’avis des juges, comme la beauté, les vêtements ou l’argent. Ce mythe est nécessaire pour faire prendre conscience aux Hommes de l’époque que leur justice est corrompue et que le jugement rendu à la fin du procès n’est pas objectif à cause des artifices des coupables.

Ainsi, selon Socrate, les humains sont mal jugés car ils ont des vêtements, de la richesse, et les juges peuvent être corrompus par l’argent et donc avoir un jugement faussé. Alors que lorsqu’on les juge après leur mort et totalement nus, aucune corruption n’est possible. Ils sont révélés et leur âme peut être jugée justement.

Platon fait passer l’idée que cela ne sert à rien de juger les gens car de toute façon, ces jugements sont faux. Selon lui, les gens qui sont jugés de leur vivant ont moins de chances d’accéder à une justice juste. Or, lors de procès, l’accusé peut être déclaré coupable et devoir, par conséquent, être puni. La punition peut aller jusqu’à la condamnation à mort, comme cela a été le cas pour Socrate qui pourtant était innocent du crime dont on l’accusait. Platon explique, à travers ce mythe, que condamner à mort un Homme est invraisemblable car la justice n’est pas parfaite Pour lui, le seul jugement juste est celui qu’ils vont recevoir après leur mort.

Platon utilise ce mythe pour expliciter sa pensée : la justice, dans ce monde et dans l’autre, consiste à mettre en avant la nécessité d’une vie juste. Ne pas connaitre le moment de sa mort, se présenter tels que nous sommes réellement et avoir de  bons juges, sont les trois mesures prises pas Zeus pour permettre une véritable justice. Dans le mythe, Zeus, qui règne alors sur les autres dieux et donc les humains, veut rendre la justice divine juste pour que chacun aille à l’endroit où il  mérite d’aller. Il instaure alors trois règles. Tout d’abord, les Hommes ne connaitront plus l’heure de leur mort, ensuite ils se présenteront devant leurs juges divins dans le plus simple appareil qui n’est autre que leur âme mise à nu. Enfin, Zeus a chargé ses trois fils, Minos, Rhadamante et Eaque de veiller à la justice. Ces règles installe alors une justice sans faille pour le monde des morts, et c’est ce que désire Platon: une justice sans faille même dans le monde des vivants.

Platon plaide dans son mythe le fait que la sentence se fera surtout en fonction du niveau de responsabilité. Il explique que, par exemple, un criminel seul a plus de chances de s’améliorer, de devenir meilleur, et ainsi de moins souffrir qu’un criminel qui a plus d’influence, de pouvoir et qui a commis de plus grands crimes. Donc les hommes de pouvoir doivent posséder toutes les vertus morales possibles, et dans le cas où ils seraient mauvais dans leur vie, encourir les peines les plus lourdes.

Pour Platon, une bonne vie est une vie philosophique c’est à dire une vie faite de réflexion ou l’Homme tient beaucoup à la justice, la vérité et l’éducation. Dans une bonne vie, on doit se nourrir de vérité, vivre une vie de justice, nous devons agir pour remplir la tâche qui nous incombe sans nous disperser. On doit être sincère. Les Hommes doivent agir pour remplir cette tâche d’une vie juste, et tenter par notre comportement d’être bons dans la vie comme dans la mort. Nous bénéficierons d’un jugement clément si nous sommes des hommes de bien pratiquant la vertu.

La philosophie raconte des histoires pour que les Hommes comprennent mieux l’idée que veut faire passer un philosophe et pour que l’histoire et sa morale les marquent plus qu’une simple idée.

Ce mythe sert à montrer aux hommes que leur justice est corrompue en mettant en relation les jugements que reçoivent les hommes pendant leur vie et ceux qu’ils reçoivent après. Platon veut montrer qu’ils étaient tout deux mal rendus puisque les Hommes bons sans artifice mourraient à la suite de leur premier procès et se retrouvaient ensuite au Tartare, tandis que les Hommes mauvais mais beaux, riches et puissants vivaient leur vie paisiblement et rejoignaient l’Ile des Bienheureux à leur mort. Quand Zeus devient roi, il établi une justice plus juste. Sur terre, il faudrait que les jugements soient pareils que ceux de l’au delà avec l’heure du procès inconnue, le même habit pour tout le monde et des juges incorruptibles.

Je pense que les histoires en philosophie sont utiles pour que les lecteurs retiennent plus facilement l’idée concernée. De plus, les histoires servent à faire passer les idées philosophiques dans des esprits d’enfants qui comprendront mieux l’histoire que l’idée brute.

 

Dans ce mythe de la sentence finale, Platon veut réveiller la conscience endormie des hommes par la vision tragique des choses. Il connait ses arguments, et met en évidence le fait que ses opposants n’ont pas de meilleures hypothèses.

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