Écrit en rapport avec Reportages 2016, AIR 2016 | thème: Grand entretien avec Salman Rushdie

Le 28 mai 2016, nous, élèves de la Cité Scolaire Internationale, avons assisté aux Assises Internationales du Roman ; plus précisément à une table ronde intitulée « Parce que c’était lui, parce que
c’était moi : l’amitié. »

 

L’amitié peut apparaître comme un sujet ordinaire : presque tout individu fait partie d’une relation amicale. Or, l’amitié est bien plus compliquée que ce que l’on pense. C’est un thème philosophique, discuté par beaucoup de penseurs tels que Montaigne et Voltaire, et encore d’actualité.
Lors de cette conférence, trois auteurs (Goran Petrović, Eshkol Nevo, et Lyonel Trouillot) ont essayé de donner une définition de ce concept.

Qu’est-ce que l’amitié ?

L’amitié est un sentiment réciproque d’affection et de sympathie ne se fondant pas sur les liens du sang : telle est notre définition de ce principe complexe, crucial pour les humains. Nous sommes
une espèce sociale et nous avons besoin de relations inter-humaines. Vous ne reconnaîtrez peut être pas vos amis dans cette définition, mais comme l’a dit Lyonel Trouillot, on donne le sens que l’on veut à l’amitié.

Par exemple, selon Eshkol Nevo, auteur qui a grandi entre Israël et les Etats-Unis, l’amitié est le prolongement de la solitude. L’amitié peut être seulement une illusion, surtout les amitiés virtuelles,
puisqu’on est seul sans être seul. Avec le développement de la technologie, on est prédisposé à négliger les relations humaines directes.

Selon Goran Petrović, l’amitié est l’autoscopie : la réflexion de soi dans le corps d’un autre. D’après lui, on devient ami avec quelqu’un soit parce que l’on se reconnaît en lui, soit parce qu’il incarne quelque chose que l’on admire.

L’amitié dans la littérature

Des milliers d’écrivains parlent de ce thème et la plupart du temps, nos auteurs reflètent leur expérience amicale dans leurs livres. En effet, les amitiés littéraires sont le miroir des amitiés réelles.
Par exemple, Neuland, livre écrit par Eshkol Nevo, parle d’une amitié israélienne ; et l’auteur suppose que seuls les Israéliens comprendront cette relation.
Or, un Allemand qui a envoyé une lettre à l’écrivain raconte qu’avec ses amis, ils se reconnaissent dans ce roman. Ainsi, l’auteur s’est rendu compte que l’amitié est plus universelle que ce qu’il pensait, malgré quelques différences culturelles.
Plus largement, la littérature concernant l’amitié, ou non, montre l’image du monde mais au ralenti, comme si c’était un film, dit Goran Petrović. Il pense qu’au fur et à mesure du développement de
l’humanité, quand les évènements étaient trop rapides pour que les hommes comprennent, la littérature était là pour le raconter plus tard.

L'amitié à la CSI : John, Stefania, Alexandre et Raphaël, Report'AIR.

L’amitié à la CSI : John, Stefania, Alexandre et Raphaël, Report’AIR.

 

Goran Petrovic, Atlas des reflets célestes, traduit du serbe par Gojko Lukic (Noir et Blanc / Notabilia, 2015)

Eshkol Nevo, Jours de miel, traduit de l’hébreu par Jean-Luc Allouche (Gallimard, 2016)

Lyonel Trouillot, Kannjawou (Actes Sud, 2016)

 

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