Écrit en rapport avec Les auteurs des AIR 2015, AIR 2015

La classe de Première L du Lycée Roumanille est partie à la découverte des terres maliennes…

Plongeons-nous aujourd’hui avec Erik Orsenna et son personnage éponyme Madame Bâ au cœur du Mali d’hier et aujourd’hui. Plume transparente et aventurière, oscillant entre trame romanesque et documentaire, l’écriture d’Orsenna nous abreuve d’informations à travers un style fluide et authentique ; reflet d’une certaine sagesse africaine. La force de ce livre tient en ses intrigues plurielles : L’exploration du Mali ouvre effectivement la porte à une découverte intimiste du personnage majeur, dont l’identité en tant que femme et héros sera entretenue tout au long du roman et explicitée ici.

Véritable peinture historique, géographique et culturelle

L’histoire proposée admet tout ancrage dans le réel dès son amorce, avec une carte des frontières africaines et maliennes en double page. Le ton romancé, voire poétique des premières lignes contraste avec la dimension instructive et contribue personnellement à son attractivité.

Toute l’histoire repose sur celle de Madame Bâ, veuve, grand-mère et citoyenne malienne, qui va poser la voix de son vécu et élargir les cases du formulaire 13-002, adressé au Président de la République française afin d’obtenir un visa. Réflexion rétrospective sur l’identité et hiérarchie entre États, travers politiques français mis à plat devant le regard de note narrateur, cette apnée dans la culture de ce dernier révèle les croyances et les mœurs d’une société négligée. Le Mali : un peuple fier et en survie, immortel dans son folklore et ridé par l’oubli de notre respect.

Ode à la femme ; celle qui se souvient, qui nous rappelle et nous raconte, la femme qui sourit, enchante et refait ses comptes. La femme aux multiples décisions ordinaires, rendus extraordinaires par le nerf de sa narration. Mère et amante et temple de culture, la femme prend la parole et les rennes de l’histoire, et dans l’arène du souvenir et du combat elle est la nôtre.

Héros parce que rocambolesque ? Anti héros parce destin commun ? Madame Bâ erre entre les hauts et les bas de l’ordinaire, et c’est beau. Suffisant pour un héros ?

Lisa N’guyen.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.